[JE] Appiotti - “Écrire ensemble la mémoire des (dé)confinements ?”

updated 22:19:02 - September 24, 2022

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Nous vivons un épisode exceptionnel, qui est déjà l’Histoire. Participez à la collecte #memoiredeconfinement ! Envoyez par mél à [vosges-archives[at]vosges.fr] vos témoignages, récits et photos (pdf et jpg 200ko max) ou vidéos (20mo), nous les conserverons pour l’éternité ! .

C’est par cette annonce, postée sur Twitter au printemps 2020, que les Archives des Vosges ont fait naître #mémoiredeconfinement, l’une des initiatives ayant cherché à archiver les traces de la crise sanitaire du Covid-19. De nombreuses institutions patrimoniales et des initiatives citoyennes en France comme à l’étranger ont mis en place depuis 2020 des collectes en ce sens.

L’objectif affiché ? Récolter des « témoignages de toutes sortes produits par nos concitoyens contraints à rester chez eux pour lutter contre l’épidémie1 ». Témoignages d’une histoire et d’une mémoire en train de s’écrire, ces dispositifs ont permis de recueillir des journaux de confinement, des dessins, des enregistrements sonores, des notes manuscrites, des photos ou encore des vidéos.

Une démarche analogue a été proposée au printemps 2020 par le Mucem avec la collecte participative « Vivre au temps du confinement2 », pour laquelle des objets, pris en photo par les publics du musée, ont été proposés pour faire partie des collections et des archives du musée. Cette collecte participative a été l’opportunité pour moi d’imaginer un projet pédagogique impliquant les étudiant·e·s du Master 1 Culture et Communication3 d’Avignon Université et trois directions du Mucem : conservation ; publics et recherche.

Ce projet pédagogique a été construit autour d’une interrogation partagée entre les étudiant·e·s et le musée, et qui constituera également le fil rouge de ma réflexion dans ce chapitre : comment constituer une mémoire commune des gestes, des pratiques et des émotions reconfigurées par les confinements et la crise sanitaire du Covid-19 ? Comment les citoyens s’ajustent-ils face à cette reconfiguration de leur « territoire » de vie et mettent-ils en récit ces expériences ?

Pour ce faire, je présenterai dans un premier temps comment notre projet pédagogique s’inscrit dans l’intérêt que porte le Mucem depuis sa création pour la participation des publics et l’enquête-collecte. Dans un second temps, je proposerai une analyse raisonnée de la plateforme « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », mise en place à l’automne 2020 par les étudiant·e·s du Master Culture et Communication. Les images recueillies ont donné lieu à une co-interprétation s’inscrivant dans la filiation de démarches en « sémiotique sociale » dont je préciserai les contours.

« Vivre au temps du confinement » : comprendre la structuration d’un projet pédagogique autour d’une collecte participative

Le 20 avril 2020, le Mucem lance un appel aux dons pour une « collecte participative4 » à travers ses réseaux sociaux, sa lettre d’information et un fort relai dans la presse quotidienne régionale. Le discours d’accompagnement du musée précise les attendus institutionnels :

Proposez les objets ou documents qui pour vous, symbolisent, incarnent, traduisent votre quotidien confiné. Quels sont selon vous les objets qui parlent de la situation dans laquelle vous vivez, travaillez, passez le temps ou encore enseignez à vos enfants ? Quels objets traduisent la manière dont vous organisez vos sorties, vos relations avec les autres, proches ou lointains, chez vous et à l’extérieur, en France ou à l’étranger ?

Le Mucem est en quête de ces objets qui sont devenus les indispensables de nos vies confinées, inattendus ou surprenants, officiels ou bricolés, créateurs de liens ou symboles d’isolement, traduisant les formidables solidarités et soutiens qui se mettent en place ou au contraire les mouvements de rejet et de peur…

Le mode d’emploi proposé aux contributeurs est le suivant : d’une part, illustrer sa proposition de don par une ou plusieurs photographies permettant de documenter l’objet, si possible dans son contexte d’usage ; d’autre part, proposer un témoignage, oral ou écrit, permettant d’expliciter à la conservation du Mucem la raison du don et l’importance symbolique ou réelle accordée à l’objet dans le contexte du premier confinement du printemps 2020.

540 propositions de dons ont été adressées au Mucem au printemps 2020 : si Marseille et la région PACA représentent la majorité des donateurs, certaines propositions proviennent d’autres régions françaises et de l’étranger (Belgique, Espagne, Émirats Arabes Unis, Égypte, Mexique, Chine, etc.). Dans un communiqué de presse en date du 5 juin 2020, les équipes du musée tentent une première classification des objets leur ayant été proposés : parmi ces derniers, on retrouve notamment les objets de protection et de prévention (attestations, masques), les objets en soutien au monde soignant (ustensiles, banderoles, enregistrements sonores d’applaudissements à 20h), les objets témoignant d’occupations créatives, productives ou sportives (ustensiles de cuisine, créations artistiques,…), les objets signifiant le temps qui passe (calendriers), les objets symboles d’une reconfiguration des rapports entre extérieur et intérieur (chaussures, clés) et enfin, les objets cristallisant la transformation brutale des sociabilités (objets technologiques, images d’écrans).

Cette collecte s’inscrit plus largement dans l’intérêt qu’accorde le Mucem à la participation (Rivière, 1976 ; de Varine, 1991) des publics, élément au cœur de son projet scientifique et culturel (PSC, 2016 : 715) et des préoccupations des institutions muséales membres de la FEMS6.

Cet intérêt pour la participation se traduit concrètement par l’organisation régulière de collectes auprès de la société. Ce dispositif est à ce titre régulièrement mobilisé par le Mucem, notamment sous la forme de l’enquête-collecte : cette dernière vise à combiner une enquête ethnographique pour observer un fait de société, avec la récolte de témoignages matériels (objets) et immatériels (enregistrements sonores, vidéos, entretiens) destinés à enrichir les archives et les collections du musée. Ces enquêtes-collectes7 constituent le cœur de la politique scientifique du Mucem, avec de nombreux matériaux hérités des collections du musée des Arts et Traditions Populaires : je pense ici par exemple aux enquêtes menées par Georges-Henri Rivière à propos de l’Aubrac et du Chatillonnais entre 1964 et 1968, et dont l’approche pluridisciplinaire a permis de récolter des documents précieux sur les conditions de vie des enquêté·e·s. Ces enquêtes-collectes ont été relancées depuis les années 2000 avec la préfiguration du musée, avant son inauguration en à l’occasion de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture : histoire et mémoires du SIDA, production et inscription urbaine des tags et des graffs, sociabilités liées au football ou encore représentations de l’eau et de la pollution sont quelques-unes des thématiques qui ont pu être explorées ces dernières années par le Mucem.

Le projet pédagogique imaginé avec les directions de la recherche, des publics et de la conservation du Mucem s’inscrit donc dans ce contexte particulier d’une relation forte à la participation des publics et des citoyens à l’archivage et à la documentation du patrimoine vivant, matériel comme immatériel.

Initié de septembre 2020 à janvier 2021, ce projet pédagogique s’inscrit dans un contexte de forte interrogation de plusieurs services du Mucem quant aux formes de valorisation à imaginer de la collecte « Vivre au temps du confinement », sous la forme d’actions de médiation auprès de jeunes publics, d’expositions in situ ou en ligne ou encore d’une programmation culturelle au croisement des arts, de la société et de la recherche (conférences-débats, festivals, performances, musique,etc.). Se pose plus globalement pour un musée de société comme le Mucem de savoir comment exposer et faire la médiation dans les années à venir de ce fait majeur et traumatique pour nos sociétés que représente la crise sanitaire du Covid-19.

40 étudiant·e·s du Master 1 Culture et Communication ont été impliqué·e·s dans ce projet pédagogique co-animé avec Aude Fanlo, directrice de la recherche au Mucem, sous deux formats complémentaires : d’une part, ils et elles ont été invité·e·s à proposer par groupe des préfigurations d’actions de médiation, d’expositions ou de programmation culturelle qui pourraient être proposées par le Mucem dans les années à venir. D’autre part, ils et elles ont animé un projet de collecte de photographies et de témoignages autour de la crise sanitaire passant par la mise en place, puis l’animation d’une « plateforme contributive culturelle » (Severo, 2021). Ce chapitre sera l’occasion de me concentrer principalement sur l’explicitation et l’analyse de cette deuxième initiative, intitulée « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement8 ».

Vos proches et vous au temps du (dé)confinement : analyse raisonnée d’une plateforme contributive culturelle

Un projet co-élaboré avec les étudiant·e·s du Master Culture et Communication d’Avignon Université

Story Instagram de présentation de la collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », M1 Culture et Communication Avignon Université, https://www.instagram.com/vpev_collecte2020/, 2020
Story Instagram de présentation de la collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », M1 Culture et Communication Avignon Université, https://www.instagram.com/vpev_collecte2020/, 2020

L’idée d’une collecte est d’abord née d’une contrainte forte exprimée par la direction de la recherche du Mucem : pour mener à bien leurs projets de préfiguration d’exposition, de dispositifs de médiation ou de programmation culturelle, les étudiant·e·s n’ont pas pu utiliser les images des objets constituant la collecte « Vivre au temps du confinement ». En effet, le processus d’entrée dans les collections et les archives d’un musée est un long processus pendant lequel la direction de la recherche du Mucem a jugé délicat de communiquer aux étudiant·e·s les images des objets récoltés, alors que des négociations étaient menées dans le même temps auprès des donateur·trices pour la cession de ces objets et des droits de reproduction afférents.

Il nous alors semblé judicieux de pouvoir contourner cette contrainte, en proposant aux étudiant·e·s de mener leur propre collecte, permettant ainsi de nourrir en idées comme en images les différentes préfigurations de projets proposés au Mucem. En septembre 2020, je propose aux étudiant·e·s la co-création d’une plateforme contributive culturelle, soit un « dispositif numérique où le public, appelé contributeur dans ce contexte, peut reconnaître, définir ou créer les objets qu’il considère comme faisant partie de sa culture » (Severo, 2021).

Capture d’écran de la page d’accueil du site web collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », https://docovid19.gogocarto.fr/, 2020
Capture d’écran de la page d’accueil du site web collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », https://docovid19.gogocarto.fr/, 2020

Plusieurs raisons m’ont amené à proposer ce choix : d’une part, le contexte sanitaire à la rentrée 2020, instable et pour lequel les étudiant·e·s et moi avons convenu que le dispositif de collecte devrait pouvoir être accessible en présence comme à distance, notamment en cas de reconfinement. D’autre part, j’ai développé ces dernières années un vif intérêt pour ce que j’ai appelé une injonction transerve à la participation, que ce soit sous la forme d’une incarnation socio-technique dans les institutions culturelles (scénographie, signalétique, dispositifs), ou plus largement sous la forme de discours incitant à l’implication des publics sous la forme de « communautés participatives » (Appiotti, 2019). Par communauté participative, et en miroir du concept de « communauté interprétative » de Philippe Breton et Serge Proulx (1989), j’entends « un agrégat de publics dont l’homologie n’est pas tant fondée sur des déterminations culturelles, économiques, politiques ou encore sociales, que sur une capacité commune à être dans l’activité et à s’impliquer, selon différents formats et modalités, dans la création, la diffusion, la médiation, la médiatisation et/ou le financement d’un objet culturel ou patrimonial » (Appiotti, 2019).

Enfin, dans le cadre d’un cours co-élaboré avec Lisa Chupin (Dicen) sur les cultures visuelles des données, j’ai pu m’intéresser de plus près aux dynamiques propres des sciences participatives, du crowdsourcing et de la « documentarisation participative » (Chupin, 2016) par la mise en place ces dernières années de plateformes contributives : je pense notamment à des initiatives telles que les Herbonautes9, TelaBotanica10 ou Zooniverse11.

Ayant par ailleurs apprécié les fonctionnalités de géolocalisation contributive mises en place pour le projet « Vitrines en confinement12 » (Gensburger, Severo, 2020), j’ai également choisi d’utiliser la plateforme Gogocarto. Cet « architexte13 » (Jeanneret, Souchier, 1999) a l’avantage d’être open source, de permettre la publication d’un site web de type CMS14 autour de fonctionnalités de géolocalisation contributive : les internautes peuvent à la fois parcourir la carte et consulter des fiches géolocalisées, mais également proposer des contributions pour enrichir ces dernières ; enfin, en tant qu’administrateur du site, il est possible de modérer les contributions proposées par les internautes.

Des différences existent également avec le projet « Textures urbaines » (Provenzano et al., 2020) consistant en une « cartographie des écritures de rue à Liège ». La plateforme mise en ligne n’autorise pas la contribution en ligne : le choix ici a été de plutôt privilégier des collectes menées par des étudiant·e·s de l’Université de Liège dans les rues de Liège de mars 2020 à juin 202115 L’aggravation du contexte sanitaire dès la rentrée 2020 nous a dissuadé de centrer notre collecte sous la forme de balades photographiques dans le territoire avignonnais.

Partant de ce constat, plusieurs choix éditoriaux ont été co-décidés avec huit étudiant·e·s nommés « référent·e·s de la collecte » auprès de leurs groupes de travail respectifs. Là où le « défi collaboratif » Vitrines en confinement a choisi de se concentrer sur les vitrines et les façades visibles lors des brèves sorties autorisées pendant le printemps 2020, nous avons privilégié des thématiques plus larges, dont nous pensions initialement qu’elles permettraient de documenter à la fois le premier confinement et le déconfinement de l’été 2020. Menée du 19 octobre au 26 novembre 2020, cette initiative coïncide en réalité avec le début du second confinement en France, que la collecte a également permis de documenter.

Quatre thématiques ont été imaginées, rédigées, puis votées par les étudiant·e·s :

  • S’informer : « Consignes sanitaires liées au Covid-19, actualités du confinement et du déconfinement : notre rapport à l’information et aux médias a été bouleversé ces derniers mois. Dans cette catégorie, vous pourrez par exemple poster des captures d’écran, des images marquantes, des actualités, en lien avec le confinement, et qui renseignent de la manière dont vous vous informez pendant cette période ».
  • Culture, divertissement et loisirs : « Décoration, cuisine, objets faits maison (DIY - Do It Yourself), jeux vidéo, sport en ligne, sport en extérieur, série Netflix sous un plaid : si vous avez documenté vos pratiques culturelles, de divertissement et de loisirs du (dé)confinement, vos témoignages nous intéressent ! »
  • Contester : « Faire entendre sa voix ; manifester, dans la rue ou depuis ses fenêtres, être contre l’urgence sanitaire ou le port du masque. Les exemples de contestation et de résistance sont nombreux depuis le début de cette crise sanitaire, n’hésitez pas à nous les partager ! »
  • Vivre ensemble, vivre seul : « Confinement en solo, en famille ou avec vos amis, distanciation sociale, fermeture des frontières, couvre-feu, limitation des rassemblements publics, rapport à l’ennui, apéro en visio, communication à distance ou avec vos proches (voisins) : comment vivez-vous les changements de notre rapport aux autres et à soi-même pendant cette période ? »
Capture d’écran de l’interface de géolocalisation des contributions et de filtrage par catégorie, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », [https://docovid19.gogocarto.fr/annuaire#/carte/[at]46.33,2.50,6z?cat=all], 2020
Capture d’écran de l’interface de géolocalisation des contributions et de filtrage par catégorie, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », [https://docovid19.gogocarto.fr/annuaire#/carte/[at]46.33,2.50,6z?cat=all], 2020

Ces quatre thématiques reflètent l’esprit des discussions menées avec les référent·e·s étudiant·e·s : ces derniers ont notamment soulevé l’enjeu majeur que la plateforme ne devrait pas refléter une vision trop normée et idéaliste de ce qu’est / a été le (dé)confinement, d’où l’intérêt, selon eux, d’avoir des thématiques ambivalentes, larges et labiles, afin de laisser au contributeur la possibilité d’interpréter comme il l’entend l’objectif de cette collecte. Je nuancerais toutefois cette hypothèse de départ dans un second temps, en montrant le rôle de l’architexte (contraintes liées aux formulaires et aux fonctionnalités de Gogocarto) et du contexte (un projet pédagogique dont les contributions et témoignages sont rendus publics sur la plateforme).

Les référent·e·s étudiant·e·s de la collecte ont également proposé de renommer la partie « Description de la photographie » dans le formulaire de contribution de Gogocarto de la manière suivante : « Témoignage (Selon vous, en quoi cette photographie témoigne-t-elle du (dé)confinement ?) »

Plusieurs pistes ont été relevées à propos de l’intérêt de ce témoignage : il viendrait notamment préciser les représentations sociales liées à ce qui est photographié et l’importance affective et symbolique que revêt l’image pour le/la contributeur·trice.

Capture d’écran du formulaire “Ajouter une photographie”, collecte "Vos proches et vous au temps du (dé)confinement, https://docovid19.gogocarto.fr/elements/add, 2020
Capture d’écran du formulaire “Ajouter une photographie”, collecte "Vos proches et vous au temps du (dé)confinement, https://docovid19.gogocarto.fr/elements/add, 2020

Après cinq semaines de collecte, 220 contributions et plus de 300 photographies ont été proposées. Parmi ces dernières, deux thématiques concentrent la majorité des contributions : Vivre ensemble / vivre seul (117 contributions) ; Culture, divertissement et loisirs (96 contributions). Si la majorité des contributions a été localisée en France, des contributeur·trice·s de 17 autres pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie ont proposé leurs images, les étudiant·e·s ayant notamment sollicité leurs cercles amicaux et familiaux à l’étranger afin qu’ils participent à la collecte.

La collecte a plus largement été relayée par Avignon Université, le bouche-à-oreille et l’usage des réseaux sociaux numériques par les étudiant·e·s, ce qui a permis d’atteindre un public essentiellement d’étudiant·e·s français et étrangers et de leurs proches, et plus secondairement d’enseignant·e·s et de personnels administratifs d’Avignon Université. Il me semble également de préciser que certain·e·s contributeur·trice·s ont pu poster pour d’autres, soit en raison de difficultés de prise en main de la plateforme, soit du fait de la possibilité laissée par les étudiant·e·s en charge des réseaux sociaux de la collecte de publier les images et les légendes reçues sur Facebook ou Instagram.

Une volonté de co-interpréter les images collectées

Une fois la collecte terminée, j’ai privilégié une démarche de co-interprétation des images avec les différents groupes d’étudiant·e·s. En cela, je m’inscris dans la filiation des travaux sur la sémiotique sociale (Saemmer, Tréhondart, 2020 ; 2022 ; Appiotti, 2020), qui a pour objectif de saisir ce qui motive la sémiose chez le sujet, y compris chez le/la chercheur·e expert·e, à partir de la confrontation d’hypothèses interprétatives sur le terrain, d’une réflexion sur les « savoirs situés » (Haraway, 2007) et les « habitudes de pensée », au sens d’un « habitus de pensée » (Lorusso, 2018 ; Darras, 2006).

Cette collecte m’a permis de documenter le plus finement possible l’interaction entre les matières graphiques, textuelles et visuelles articulées sur un support par une instance d’énonciation (la plateforme Gogocarto), et les « filtres interprétatifs » à travers lesquels les étudiant·e·s et moi-même percevons et interprétons ces matières. La scientificité de cette démarche s’évalue par rapport à la précision avec laquelle les « savoirs situés » (Haraway, 2007) mobilisés dans le processus interprétatif sont décrits dans l’interaction avec les signes. Ma définition du filtre interprétatif prend appui sur le concept de l’« interprétant » chez Charles Sanders Peirce. Il y désigne l’instance médiatrice entre le signe (par exemple une image de chambre d’étudiant·e confiné·e) et l’objet (par exemple l’auteur·e de la photographie et l’espace intérieur imaginé·e par l’internaute à partir de l’image et du témoignage publiés sur la plateforme contributive).

Des images et des catégories : pistes analytiques et réflexives

Étant donné la taille importante de la collecte et la répartition inégale des contributions en fonction des thématiques proposées, j’ai proposé aux groupes d’étudiant·e·s d’analyser principalement les catégories « Vivre ensemble / vivre seul » et « Culture, loisirs et divertissement ». Ces deux catégories représentent à elles seules 90% des images proposées pendant cette collecte.

A ce sujet, le groupe 4, en charge de l’analyse des catégories « S’informer » et « Contester » émet l’hypothèse que :

le faible taux de contribution aux catégories « Contester » et « S’informer » montre le fait que les personnes qui ont participé à la collecte ont moins d’intérêt pour ces catégories, ou du moins, que ce n’est pas au travers de ces thématiques qu’ils ont choisi de témoigner. Cette différence de contribution témoigne d’un état d’esprit général face à la crise sanitaire et au confinement. On peut penser que les personnes préfèrent proposer un témoignage plus jovial que porté sur des propos sérieux comme l’information et la contestation, comme une sorte d’ « échappatoire » à la crise.

A contrario, le groupe 2 considère que :

Cette collecte nous aura amené à penser cette expérience en évitant les généralités et une perception qui se pourrait être trop normée et idéaliste du (dé)confinement. Les descriptions sous les photographies ont permis de connaître les représentations qui leur sont liées, leur symbolique et valeur affective propre à chacunes, nous rapprochant le plus possible de l’état d’esprit des personnes durant cette période.

Ces deux analyses, parmi d’autres, démontrent selon moi une relation différenciée à la collecte en elle-même et la perception qui a pu en être faite : il me faut ici rappeler que les étudiant·e·s ont particulièrement mal vécu cette période de reconfinement et ont pu effectivement être tenté·e·s de garder « la face » (Goffman, 1974) face à un dispositif (Foucault, 1977) loin d’être neutre : ce dernier a été conçu dans le cadre universitaire, et rend public et consultable par les autres contributeur·trice·s et internautes les photographies et témoignages proposés. Une expérimentation menée avec la même promotion sous la forme d’un atelier de co-interprétation d’une image d’Olivier Véran, ministre de la Santé, s’étant fait vacciner en février 2021 m’a également permis de mesurer le poids régulateur du groupe et de la relation asymétrique entre enseignant·e-chercheur·e et étudiant·e·s dans l’expression de « filtres interprétatifs » perçus comme alternatifs au consensus majoritaire pro-vaccination et pro-mesures gouvernementales contre le Covid-19.

Concernant l’analyse des images proposées, je vais désormais me concentrer sur les catégories « Vivre ensemble / vivre seul » et « Culture, loisirs et divertissement ». Je synthétise ci-dessous sous la forme de tableaux synthétiques les co-interprétations catégorielles proposées par les étudiant·e·s, et proposerai des regroupements argumentés et illustrés d’images à partir de leurs propositions respectives.

Tableau synthétique de co-interprétation de la catégorie « Vivre ensemble / vivre seul », collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement
Catégorie « Vivre ensemble / Vivre seul » Catégorisation d’images proposée
Groupe 1

Se connecter

Se déconnecter

Entreprendre

S’adapter

S’arrêter

S’aimer

Groupe 2

Le temps qui passe

Investir de nouveaux lieux

Le rapport modifié à l’extérieur

Le bouleversement des espaces relationnels

Groupe 5

Créations artistiques

Bien se nourrir

Masques et autres matériaux sanitaires

Animaux

Jardin

Vues depuis les fenêtres

Cours en ligne

Maintenir le lien

Le vide

Retour à la nature

Activités

Déconfinement

Espoirs et sourires

Une remarque liminaire que l’on peut faire est la forte porosité existante entre la catégorisation proposée par le Mucem et les étudiant·e·s. Le groupe 2 indique à ce sujet s’être « notamment inspirées de la présentation d’Aude Fanlo, chargée de mission au département de la recherche et de l’enseignement, au Mucem. De ce fait, ainsi qu’elle l’avait mentionné, les notions d’espace et de temps sont centrales. ».

Un premier regroupement catégoriel peut s’opérer autour du bouleversement émotionnel et relationnel que représente le (dé/re)confinement : « Espoirs et sourires », « Maintenir le lien », « Le bouleversement des espaces relationnels » ou « S’aimer » en sont des exemples révélateurs. Dans ces catégories, les étudiant·e·s ont regroupé des images en lien avec les êtres aimés, la solitude ou les activités sociales à distance.

Le groupe 2 souligne à ce sujet « la diversité de ce que peut représenter “vivre ensemble” et les solutions de chacun pour communiquer et pallier la solitude. Par conséquent, plusieurs photographies mettent en scène les relations numériques par les cours en ligne ou les apéros en visio. D’autres sont encore plus imaginatifs, et une contribution propose même de dessiner les êtres aimés. »

Le groupe 5, de son côté, insiste sur le sentiment de solitude et sa matérialisation dans la collecte d’images, avec les contributions « Solitude » (Bourgoin-Jallieu), « Solitude commune » (Toulouse) et « Portraits des êtres aimés dans la solitude » (Acacias).

« Solitude commune », Toby ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020
« Solitude commune », Toby ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020

Un autre faisceau d’interprétation s’est concentré sur la mutation des rapports à l’espace et au temps, avec les catégories « Le temps qui passe », « Investir de nouveaux lieux », « Jardin », « Vues depuis les fenêtres » ou « Vide ».

Le groupe 2 met par exemple en avant le fait que :

le rapport à l’extérieur semble différent, et beaucoup de personnes témoignent des espaces extérieurs de leur vie quotidienne à présent transformés. Ainsi, nous documentons les rayons de papier toilette à Tallin (“J’ai décidé de continuer mon Erasmus en Estonie pendant la période du confinement, et quel plaisir de ne pas avoir eu de pénurie de papier-toilette !”), le centre-ville de Bordeaux abandonné ou encore les rues de Montpellier désertes.

« Rayon de papier-toilette », Claire A. ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020
« Rayon de papier-toilette », Claire A. ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020

Le groupe 5, de son côté, propose une catégorie « Vue depuis les fenêtres », pour signifier que :

de nombreuses photographies montrent l’extérieur depuis les fenêtres de l’appartement ou de la maison, cela symbolise l’enfermement à l’intérieur mais aussi l’extérieur qui est si proche, mais dans lequel nous ne pouvons pourtant pas aller à cause du confinement. “Confinement à Moscou”, “Arrivée de la neige et des cours en ligne” (Suède), “Chanceux dans une silencieuse fourmilière” (Vietnam), “Fenêtre sur rue” (Bordeaux).

« Confinement à Moscou », Dinara ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020
« Confinement à Moscou », Dinara ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020

Je poursuis la synthèse des co-interprétations en m’intéressant désormais à la manière dont les étudiant·e·s ont perçu les images proposées dans la thématique « Culture, loisirs et divertissement ».

Tableau synthétique de co-interprétation de la catégorie « Culture, loisirs et divertissement », collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement
Catégorie « Culture, loisirs et divertissement » Catégorisation d’images proposée
Groupe 6

Les sorties au grand air et les plaisirs de la nature

Les arts plastiques et les activités manuelles

Les lieux publics : entre vide et plein

Le sport

La cuisine

Les activités pour se divertir et s’occuper

Le télétravail : une nouvelle relation à l’ordinateur

Les masques : un objet central

Prendre soin de soi et de son environnement

Les enfants

Rire du confinement

Grouper 7

Garder la forme

L’appel de la nature

Combattre l’ennui

Les essais culinaires

Un temps suspendu

Groupe 8

Humour et citations

Vivre et s’occuper chez soi

Créations DIY

Lieux culturels et touristiques

Nature

Un premier regroupement catégoriel s’opère autour de la relation à l’extérieur, avec « Nature », « L’appel de la nature » ou encore « Les sorties au grand air et l’appel de la nature ». Se superposent ici l’euphorie liée au déconfinement de l’été 2020, le recouvrement de la liberté de déplacement, et une nostalgie de la nature, alors même que la temporalité de la collecte correspond à un reconfinement des corps et des esprits dans des espaces clos.

Le groupe 6 remarque ainsi que :

Près de 20% des participations dans la catégorie “Culture, divertissement, loisirs” montrent des grands espaces verts, des parcs ou des jardins. Que ce soit la joie de sortir pendant le confinement ou celle de pouvoir de nouveau se balader aussi loin que l’on veut et aussi longtemps que l’on veut au moment du déconfinement, il ressort de cette collecte une redécouverte des plaisirs de la nature et du grand air, qui est parfois venu à nous manquer.

Le groupe 7 abonde en ce sens, en proposant une interprétation du confinement comme opportunité de se reconnecter à « la nature, proche de leur hébergement, ou encore de la retrouver suite au déconfinement. En effet, cette quarantaine a mis en perspective le besoin de chacun d’aller à l’extérieur, de se balader voire même faire des randonnées, afin d’observer de magnifiques paysages. »

« Découverte des Pyrénées 2020 », Steffi Thies ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020
« Découverte des Pyrénées 2020 », Steffi Thies ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020

Un second regroupement dans cette thématique s’opère autour des activités manuelles, artistiques, créatives ou productives permettant de s’occuper, de se divertir et de s’évader. On retrouve ici des catégories telles que les « Créations DIY », « Les essais culinaires » ou « Les arts plastiques et les activités manuelles ».

Le groupe 8, par exemple, établit un lien clair entre l’analyse proposée et l’usage souhaité de la collecte au sein du projet de préfigurations d’actions hors-les-murs que pourrait mener le Mucem autour de la crise sanitaire :

Une sous-catégorie « Créations DIY » nous paraissait par ailleurs primordiale. Avec plus d’une trentaine de photos réunissant peinture, cuisine, couture, dessin, coiffure, tricot, création de masques et même tatouage, cette sous-catégorie regroupe le plus de contributions. Il nous paraissait en effet important de réunir toutes ces créations aussi variées soient-elles, afin de mettre en valeur le savoir-faire émergent de chacun∙e. Cette sous-catégorie peut également faire écho à notre projet hors-les-murs concernant l’exposition de créations DIY « Transmissions manuelles ». Nous avions donc à cœur de la faire apparaître au sein de l’analyse de la collecte.

Le groupe 7, quant à lui, semble avoir accordé une attention particulière aux expérimentations culinaires, particulièrement mises en avant sur notre plateforme contributive :

Une des activités fortement reconnaissables dans la rubrique « Culture et divertissement et loisirs » est l’activité culinaire. Ces confinements furent le témoignage de nouveaux essais culinaires pour de nombreux participants à la collecte avec notamment le fameux pain fait maison. On retrouve également de nombreuses recettes pâtissières. Qu’y a-t-il de mieux à faire que de manger pour s’occuper ?

« Pain à gogo », Florian Guihard ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020
« Pain à gogo », Florian Guihard ©, collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement », 2020

Conclusion

En guide d’épilogue à ce projet pédagogique mené à l’automne 2020, j’ai demandé à chaque étudiant·e ce qu’elles et ils avaient pensé de la collecte « Vos proches et vous au temps du (dé)confinement ». Le groupe 4 considère « que par les différentes catégories proposées, cela a permis de prendre un recul sur notre expérience et de mettre des mots sur son contenu. Elles ont donné un regard sur ce temps, non pas comme une expérience isolée mais bien comme un moment commun liant chacun d’entre nous ». Ce point de vue laudatif sur le projet a été nuancé par d’autres étudiant·e·s, à l’instar du groupe 5, qui conscientise à sa manière le poids du dispositif « collecte », combiné aux contraintes de l’architexte de la plateforme contributive culturelle :

Cette collecte nous a également appris que la plateforme, ainsi que les grands thèmes liés au confinement, contraignent les individus dans leur participation. En effet, les individus ayant répondu à notre collecte ne savaient pas forcément dans quelle catégorie mettre leur photographie. De plus, ils avaient parfois des inquiétudes sur le fait que leur photographie soit valide ou non pour notre collecte.

Menée en écho à l’importance accordée par le Mucem à la participation des publics et des citoyens, et à l’enquête-collecte comme moyen d’investiguer et d’exposer des faits de société, la collecte menée par le Master Culture et Communication d’Avignon Université est une incursion visuelle singulière dans le quotidien des étudiant·e·s pendant le(s) (dé/re)confinement(s) ayant caractérisé l’année 2020.

La démarche leur a permis d’imaginer dans le même temps ce à quoi pourraient ressembler dans les années à venir une programmation culturelle d’ampleur autour de la crise sanitaire du Covid-19 : expositions sous forme d’abécédaire ou d’appartement-témoin, interface numérique permettant d’explorer les collectes participatives du Mucem, ou bien encore théâtre-forum, théâtre dansé et performances autour du lavage de mains et du masque sont quelques-unes des pistes passionnantes explorées par les étudiant·e·s en dialogue avec les équipes du Mucem.

Ce projet nous a également permis d’explorer par la pratique de la collecte, puis par sa co-interprétation en empruntant des outils d’analyse à la sémiotique sociale, à mieux appréhender ce fait social majeur que représentent les reconfigurations émotionnelles, spatio-temporelles et sociales engendrées par la crise sanitaire.

Dans cette optique, le groupe 2 estime que « notre collecte et celle du Mucem se rejoignent dans le fait qu’elles se sont intéressées au quotidien de chacun et qu’elles permettent de témoigner d’un enjeu de société contemporain. Par ailleurs, elles encouragent la participation de tous, et donnent alors une vision vaste de nos confinements. Toutes les contributions participent à la création d’une œuvre, d’un témoignage collectif ». Il me paraît toutefois important de prendre ici une distance critique par rapport à cette illusion du participatif pour tou·e·s, que le numérique ou la plateforme contributive permettrait, tant le dispositif socio-technique et le cadrage de la collecte par ses concepteurs influent sur les profils de contributeur·trice·s et la nature même des contributions proposées.

Interroger cette mémoire et ce témoignage collectif d’une ampleur inouïe autour de la crise sanitaire du Covid-19, notamment par les collectes menées par les archives, les bibliothèques, ou les collectifs citoyens, représente un enjeu majeur de recherche et de société pour les années à venir.

Je souhaiterais à l’avenir approfondir mes analyses sur ce sujet afin d’appréhender si la collecte participative peut être un outil mis au d’une pédagogie réflexive sur la production et la réception des images témoignant de faits de société contemporains.

Références bibliographiques

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  1. Mémoires de confinement, France Archives, 2021. Disponible à l’adresse : https://francearchives.fr/fr/actualite/224765841. Consulté le 3 mars 2022.

  2. Vivre au temps du confinement, la collection, Mucem, 2022. Disponible à l’adresse : https://www.mucem.org/vivre-au-temps-du-confinement-la-collection. Consulté le 3 mars 2022.

  3. Les étudiant·e·s ayant participé à ce projet proviennent de deux parcours (Arts et Techniques des Publics ; Médiation, Musée et Patrimoine) du Master Culture et Communication d’Avignon Université.

    Groupe 1 : Julien Biardeau, Isaure Frémont, Elora Pawlaczyk, Léa Piget, Domitille Ricadat.

    Groupe 2 : Leslie Antoine, Jeanne Benaitier, Clara Bidard de la Noë, Solenne Degoulange, Anne-Lise Le Guyadec, Astrig Torossian.

    Groupe 3 : Claire André, Lucile Baleynaud, Lise Bevière, Alex Gentit, Yolène Guihard, Alexandre Quentin.

    Groupe 4 : Théo Brousse, Laurie David, Mélissa Hunt, Dinara Kovaleva, Julia Pataillot.

    Groupe 5 : Juliette Granat, Héloïse Montel, Marianne Pellerin-Lefebvre, Laure Rousset, Mélodie Teil.

    Groupe 6 : Marie Baranger, Pénélope Girard, Emma Hasse, Zoé Lazaro, Benoît Rénier.

    Groupe 7 : Loubna Aoulad Hadj Acharif, Elisa Barres, Anaïs Dolz, Justine Jury, Ambre Pilet.

    Groupe 8 : Lucile Dumont, Yousra Khalis, Pauline Rousseau.

    Mentionner leur nom me paraît d’autant plus important que leur implication dans ce projet a été remarquable, dans un contexte sanitaire, personnel et universitaire particulièrement délicat. Qu’elles et ils en soient ici remercié·e·s.

  4. Appel aux dons pour une collecte participative, Mucem, 2020. Disponible à l’adresse : https://www.mucem.org/collecte-participative-vivre-au-temps-du-confinement. Consulté le 3 mars 2022.

  5. Projet scientifique et culturel. Établissement public du Mucem, 2016. Disponible à l’adresse : https://www.mucem.org/sites/default/files/2017-04/psc_mucem_2017.pdf. Consulté le 3 mars 2022.

  6. Fédération des Écomusées et des Musées de Société. Disponible à l’adresse : http://fems.asso.fr/. Consulté le 3 mars 2022.

  7. Enquêtes-collectes, Mucem. Disponible à l’adresse : https://www.mucem.org/recherche-et-formation/enquetes-collectes. Consulté le 3 mars 2022.

  8. Vos proches et vous au temps du (dé)confinement, Gogocarto. Disponible à l’adresse : https://docovid19.gogocarto.fr/. Consulté le 3 mars 2022.

  9. Les Herbonautes, MNHN / Recolnat / Telabotanica. Disponible à l’adresse : http://lesherbonautes.mnhn.fr/. Consulté le 3 mars 2022.

  10. Tela Botanica. Disponible à l’adresse : https://www.tela-botanica.org. Consulté le 3 mars 2022.

  11. Zooniverse. Disponible à l’adresse : https://www.zooniverse.org/. Consulté le 3 mars 2022.

  12. Vitrines en confinement, Gogocarto. Disponible à l’adresse : https://vitrinesenconfinement.gogocarto.fr/.

    Voir également l’éditorialisation de la collecte sous la forme d’une « base de données participative Vitrines en confinement – Une mémoire visuelle du (dé/re)confinement ». Disponible à l’adresse https://vitrinesenconfinement.huma-num.fr/. Consulté le 3 mars 2022.

  13. Yves Jeanneret et Emmanuël Souchier appellent « architextes » les cadres, formulaires et menus normés, les prescriptions et injonctions qui, dans les « médias informatisés », formatent et guident les pratiques expressives.

  14. Le Content Management System (Système de Gestion de Contenus) est une interface numérique sont des architextes d’intermédiation entre un serveur de site web et l’utilisateur. Ce type d’interface logicielle est accompagné d’un « discours d’escorte » (Jeanneret, Souchier, 2001) insistant sur une plus grande facilité de création et de mise à jour des contenus d’un site web. En contrepartie, les CMS ont tendance à orienter plus fortement les pratiques et à uniformiser les contenus produits.

  15. Textures urbaines, A propos, Université de Liège. Disponible à l’adresse : https://texturb.uliege.be/geotag/apropos. Consulté le 3 mars 2022.