[JE] Bideran - “Montesquieu numérisé, commémoré, et médiatisé […]”

updated 03:13:38 - November 27, 2022

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Le 10 août 1895, alors que le débat sur la représentation de la littérature au sein de la future Exposition universelle de 1900 agite les colonnes de la revue littéraire et politique Le Gaulois, Georges Thiébaud manifeste son scepticisme face aux propositions faites par ses collègues pour matérialiser l’enfantement d’une œuvre littéraire et imagine de façon ironique “une machine à réservoirs, pistons, échappements, transmissions et régulateurs, où l'on verrait d'un côté tomber automatiquement vingt années d’études, de réflexions, d’observations, de comparaisons triées, tamisées, classées, broyées, assimilées et transformées en un produit nouveau, qui sortirait de l’autre côté, tout chocolaté, sous ce titre : L’esprit des lois, système breveté Montesquieu…”1 C’est que les enjeux qui accompagnent ces débats ne sont pas seulement muséologiques : la volonté de matérialiser en un lieu précis la création littéraire nationale s’inscrit dans les grandes réflexions politiques et technologiques qui marquent le XIXe siècle. La publicisation de la littérature, de son histoire, de ses grands noms et de ses lieux est en effet un des phénomènes médiatiques de ce siècle qui est marqué par un essor sans précédent de la presse périodique illustrée qui diffuse non seulement des portraits écrits et photographiques d’écrivains (Wrona, 2012) mais aussi des reportages sur leurs lieux d’écriture et leurs maisons (Emery, 2015). Puissant effet d’énonciation éditoriale (Souchier, 1998), ce mode de diffusion périodique de la littérature contemporaine et de ses grands noms participe ainsi à consacrer dans l’espace public la naissance et la conscience d’un panthéon littéraire national dont les figures et les oeuvres sont sélectionnées par les détenteurs de ces canaux de diffusion.

Ce “devenir-patrimoine” de la littérature et des auteurs nationaux, bien qu’embryonnaire, s’inscrit d’autre part dans un contexte plus global de reconfiguration des pratiques d’écriture et d’enregistrement du réel qui voit ainsi se diffuser la machine à écrire et les techniques photographiques. Analysant la place faite aux manuscrits d’écrivains dans l’exposition du Musée de la Littérature, théorisé par Paul Valéry et inauguré à l’occasion de l’Exposition de 1937 dans la continuité des réflexions du début du siècle, Claire Bustarret soulignait ainsi en 2010 combien ces bouleversements technologiques amènent les concepteurs à percevoir autrement les manuscrits autographes ; ces derniers ne sont plus seulement pensés comme des “trésors” que se doit de conserver la Bibliothèque Nationale mais deviennent aussi les témoins d’une pratique intellectuelle qui peut d’autant plus être rendue visible par la reproduction photographique en grand format de citations et d’extraits d’œuvres littéraires (Bustarret, 2010). Et l’autrice de rappeler dans son texte la réaction décrite par un commentateur contemporain d’un jeune homme qui “capture” une phrase reproduite en grand format pour la retranscrire sur un carnet personnel, semblant ainsi réagir à une sorte d’ “injonction à écrire, non pour transcrire un autographe difficile à déchiffrer, mais pour marquer de sa propre graphie, et sur un support d’usage intime, un énoncé rendu public, devenu appropriable par voie d’affichage…” (ibid.). Or, si les développements médiatiques et les évolutions des techniques de reproduction photographique ont contribué, en cette fin du XIXe et début du XXe siècle, à multiplier les supports d’inscription de la littérature et de ses grands noms, entérinant par là même son devenir patrimonial, quelles conséquences ont aujourd’hui les pratiques numériques contemporaines sur la diffusion de ce concept mal défini qu’est le patrimoine littéraire ? Quelles formes de valorisation et d’appropriation patrimoniale du littéraire permises par les dispositifs numériques contemporains peut-on observer ? Comment s’organisent les enjeux de valorisation et de transmission des institutions culturelles face aux pratiques d’appropriation des publics ? C’est en partie à ces questions que souhaite répondre cette proposition.

À travers celle-ci, il s’agit de contribuer aux travaux portant sur les formes de circulation et d’exposition du littéraire en développant une analyse info-communicationnelle des mises en scène numériques proposées par les divers acteurs en charge de la conservation et de la valorisation du patrimoine littéraire. Cette réflexion s’inscrit dans une recherche plus large entamée dans le cadre d’un programme de numérisation des fonds mauriaciens conservés en Nouvelle-Aquitaine (Baudorre et Bideran, 2020 ; Bideran, 2020 et 2021) et poursuivi depuis via un programme de recherche-action régional soutenu financièrement par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) Nouvelle-Aquitaine entre 2019 et 20212. Cherchant à identifier et analyser les expérimentations locales de valorisation numérique (en ligne et in situ) des patrimoines associés à des auteurs du territoire, cette enquête a réuni pendant deux ans de nombreux acteurs impliqués dans ce processus de patrimonialisation du littéraire. Ont ainsi été associés à la réflexion non seulement des professionnels du patrimoine écrit (bibliothécaires et conservateurs de bibliothèques, médiateurs et documentalistes de maisons d’écrivain, techniciens des services culturels du territoire et chargé de mission de l’agence du livre et du cinéma en Nouvelle-Aquitaine) mais aussi des représentants des publics potentiellement intéressés par ces questions (enseignants du second degré, étudiants en Humanités et wikipédiens de groupes locaux) associés via différents modes (projets pédagogiques, appel à volontaires, sollicitation de réseaux professionnels). Regroupés grâce à des comités de pilotage intersectoriels et interdisciplinaires se réunissant à échéance régulière ces différents acteurs ont noué des liens qui se sont matérialisés à travers des collaborations autonomes. Ainsi plusieurs actions ont été menées par des wikipédiens impliqués dans ce collectif pour enrichir ou créer des articles consacrés à des œuvres littéraires ou des auteurs du territoire de la Nouvelle-Aquitaine3.

À partir de ces premières observations, l’hypothèse forgée ici est que ces co-productions médiatiques en ligne participent à la matérialisation et à la diffusion du concept de patrimoine littéraire “à travers l’espace (infini) du web” (Alix, 2008) tout comme les maisons d’écrivain ou les promenades littéraires permettent de rendre tangible celui-ci dans un paysage et son territoire (Labbé, 2020). Les écritures collaboratives et numériques suivies ici donnent en effet à voir le renouvellement progressif et collectif d’éléments du patrimoine écrit, soit un ensemble d’objets tangibles et statiques conservés par les bibliothèques, en patrimoine littéraire, soit un ensemble d’idées et de valeurs mouvantes associé à des textes selon la logique transformatrice et créative de la trivialité (Jeanneret, 2014 : 15). De fait, et comme l’a déjà montré Delphine Saurier, pour que cet être culturel que constitue la littérature s’autonomise en unité patrimoniale symbolique, une co-construction de sens par une diversité d’acteurs, est nécessaire (Saurier, 2020). Or, le recours à Wikipédia pour valoriser des collections patrimoniales permet d’observer non seulement les acteurs engagés dans ces dynamiques de reconnaissance (grâce notamment au détail des différents comptes utilisateurs qui interviennent sur ces pages), mais aussi de suivre l’ensemble des opérations de remédiatisation de ce patrimoine écrit (grâce à l’historique des pages concernées) tout en analysant le rôle de l’énonciation éditoriale du dispositif qui rend ainsi opérant le statut patrimonial des œuvres concernées. D’un point de vue méthodologique, l’enquête combine l’analyse sémio-pragmatique des contenus en ligne avec une approche sociologique qui permet de souligner les interactions entre les sujets et institutions à partir des entretiens menés auprès des professionnels et amateurs ayant participé à ces actions. Après avoir rappelé la particularité du patrimoine littéraire, de sa diffusion et de ses modes de médiation, j’exposerai plus particulièrement les pratiques d’écritures numériques et collaboratives qui se sont manifestées à travers Wikipédia autour de textes et d’auteurs de Nouvelle-Aquitaine. Je dresserai ensuite les caractéristiques matérielles de ces mises en scène numériques, nouveaux “lieux de mémoire virtuels” (Beaudouin, 2018 : 6) que créent des collectifs complexes regroupant institutionnels et amateurs. Dans cette réflexion, il ne s’agit pas d’opposer un espace réel, institutionnel (la bibliothèque qui conserve des fonds précieux) et paysager (la maison d’écrivain sur son territoire), à un espace virtuel qui serait seulement celui des pratiques en ligne, déconnectées des pratiques de médiation in situ, mais plutôt de penser ces deux espaces comme des systèmes qui interagissent notamment grâce à la création de substituts numériques d’objets patrimoniaux conçus non plus seulement pour la consultation de spécialistes mais aussi et avant tout pour devenir des supports de médiation du patrimoine pour des publics divers et variés (Tardy, 2015).

Diffuser le patrimoine écrit et écrire collectivement

Des modes d’existence numérique du patrimoine écrit

Le concept de patrimoine littéraire, soulignons-le, ne possède pas de définition précise à l’inverse du patrimoine archéologique (Livre V du Code du Parimoine), des monuments historiques (Livre VI du Code du Patrimoine), ou du patrimoine culturel immatériel (Convention adoptée par l’UNESCO en 2003) et déborde en réalité le patrimoine écrit et graphique des bibliothèques inscrit, pour sa part, dans le livre III du code du patrimoine (Henryot, 2020). Il repose donc sur une série d’actions émanant d’acteurs extrêmement divers : inscrit au sein des programmes scolaires (Louichon, 2015), personnifié dans la figure de l’auteur dont la vie intime fait l’objet de diverses formes de muséification (Régnier, 2015) ou monumentalisé dans des maison-musées (Saurier, 2020), le patrimoine littéraire suppose, pour être reconnu comme objet commun partagé, des supports d’inscription qui permettent sa matérialisation et son partage. En cela, il se rapproche du patrimoine culturel immatériel (PCI) dont la reconnaissance nécessite des écritures médiatiques complexes permettant de le définir, de le faire vivre et de le transmettre (Bideran, Deramond, Fraysse, 2022). Ces processus d’inscriptions numériques du PCI font l’objet depuis plusieurs années d’une vaste enquête menée par Marta Severo (2018) qui lui permet de suivre précisément la manière dont les acteurs impliqués dans cette phase de patrimonialisation s’emparent des outils et plateformes numériques pour produire et rendre publiques (les deux gestes semblant s’hybrider, voire se confondre) ces écritures médiatiques partagées (Pianezza, 2020). La chercheuse souligne par ailleurs le rôle majeur des communautés et amateurs qui participent à cette documentation et à la description de ces savoir-faire, coutumes, rituels et traditions sur Wikipédia, parallèlement à l’inventaire officiel mené par l’État et publié sur le site du ministère de la Culture (Severo, 2022). Cette observation sur le temps long autorise finalement Marta Severo à interroger les conséquences possibles de ces collaborations sur l’esprit même de l’encyclopédie numérique, proposant de voir ici une sorte d’outil de sciences citoyennes plutôt qu’un simple moyen de diffusion de connaissances déjà établies par ailleurs (Severo, 2021). La participation des publics et amateurs est en effet une des spécificités du PCI, puisque ce sont eux, dans une recherche d’identité et de reconnaissance, qui contribuent à définir l’essence même de ce qui constitue leur culture et leur mémoire, suscitant parfois avec les structures de gouvernance des rapports de force réciproques.

Et si les termes de résistance et de collaboration traversent les récentes études qui s’intéressent à ces projets réunissant amateurs et experts (Casemajor-Loustau, 2012) (Fraysse, 2015), la notion d’ajustement (Jutant, 2011) me paraît plus pertinente pour nommer les pratiques que j’ai par ailleurs observées dans le cadre de projets pédagogiques réunissant étudiants, personnels d’établissement patrimoniaux et wikipédiens (Bideran et Wenz, 2020). Dans ce précédent travail, avons ainsi pu suivre les différents modes d’engagement, les rôles et les adaptations que ces publics amateurs, qu’ils soient étudiants ou wikipédiens aguerris, manifestent face à ces productions médiatiques collectives et culturelles. Ce recours à la participation des publics s’inscrit par ailleurs dans un contexte de multiplication et d’ouverture des données patrimoniales (les documents numériques, leurs métadonnées, les informations associées, etc.) que les seuls professionnels ne peuvent traiter ou valoriser. Face à la numérisation de masse du patrimoine écrit et graphique conservé par les bibliothèques, il s’agit dès lors de solliciter des usagers (les wikipédiens et les publics contributeurs) pour rendre intelligibles celui-ci et lui permettre ainsi d’exister à travers d’autres espaces sociaux et numériques que les seules bases de données documentaires des institutions culturelles. De fait, derrières le succès de Gallica et de ses plus 19 millions de visites annuelles, soit près de 52 000 visites quotidiennes4, les bibliothécaires d’établissement plus modestes soulignent les limites de la dimension “locale” des bibliothèques numériques patrimoniales développées ad hoc, comme l’illustrent les statistiques de consultation de Babord-Num, la bibliothèque numérique patrimoniale du réseau documentaire des universités de Bordeaux. Ces chiffres témoignent en effet d’une origine tripartite des usagers, ⅓ provenant de Gallica, ⅓ de plateformes tierces - grâce notamment aux actions de valorisation et de dissémination menées par l’équipe sur Twitter et Wikipédia -, le dernier ⅓ réunissant les usagers qui arrivent directement sur le site via un moteur de recherche (Bideran et Wenz, 2020). La notoriété et l’audience dont dispose Wikipédia facilitent de fait l’appropriation des substituts numériques du patrimoine écrit et graphique jusque-là consultables dans les seules bases de données patrimoniales, “entrepôts de documents” (Beaudouin, 2018 : 104) dans lesquels puisent des usagers pour produire des contenus parfois surprenants (Casemajor, 2013), tout en améliorant rapidement la visibilité de la structure culturelle impliquée auprès d’un public distant qui ne franchira sans doute jamais ses portes. Cette posture d’ajustement des professionnels des bibliothèques aux pratiques de consultation en ligne des publics, qui s’inscrit dans une logique de performance (toucher un public la plus large possible), est confirmée par l’équipe des fonds patrimoniaux de Bordeaux qui insistent sur l’intérêt de mettre des données et informations sur Wikipédia plus que sur le propre site institutionnel, tant en terme de visibilité pour les collections, en insérant par exemple dans des articles Wikipédia des liens vers des substituts numériques présents dans la bibliothèque numérique de l’établissement Séléné, qu’en terme d’exposition auprès de publics éloignés géographiquement mais présents sur Wikipédia. “La puissance de Wikipédia fait que ces contenus seront forcément beaucoup plus vus que la page la plus vue de notre site Internet” signale ainsi un des conservateurs qui précise par ailleurs qu’il convient désormais aux professionnels du patrimoine d’“être présent là où vont les gens5, suivant en cela les injonctions implicites du régime de visibilité numérique qui impose désormais aux acteurs culturels d’être présents et actifs partout où sont les publics en ligne (Rondot, 2021). Comme l’affirmait déjà en 2013 Nathalie Casemajor au sujet des actions de dissémination des collections de Muséum de Toulouse sur Wikipédia, “l’internaute [est désormais considéré] comme visiteur à part entière” (Casemajor, 2013) pour lequel il est légitime d’exposer des substituts numériques des collections et de produire parallèlement des informations fiables sur des plateformes non institutionnelles, tout en assumant que celui-ci reste un public très difficile à cerner et qu’il convient d’accepter de “jetter une bouteille à la mer sans avoir réellement de retour” comme l’indique un des professionnels des fonds patrimoniaux de la bibliothèque de Bordeaux6.

A l’écriture collective et participative en ligne

Encore faut-il réussir à mobiliser des publics… Car si la bibliothèque municipale de Bordeaux, bibliothèque classée qui revendique notamment d’être “le premier centre documentaire au monde sur Montesquieu et son œuvre”7, a depuis plusieurs années une convention qui la lie à Wikimédia France, force est de constater que ces permanences mensuelles n’attirent pas la foule, contrairement à ce qu’affirment un peu rapidement les commentateurs de la culture participative sur le désir de participation des citoyens. Ces actions, qui se déroulent un samedi par mois, ne réunissent en effet, et de l’aveux même des wikipédiens impliqués, “pas beaucoup de candidats”8, la page Wikipédia dédiée à ces ateliers listant ainsi une dizaine de participants réguliers et sept participants occasionnels9. Par ailleurs, ces ateliers s’adressent en priorité aux usagers de la bibliothèque qui ne connaissent pas Wikipédia et à qui il s’agit de montrer le fonctionnement et le B.A.BA de cette encyclopédie en ligne : “ici le fond n’a finalement pas beaucoup d’importance” 10 et l’on pourrait finalement situer cette action dans les missions plus globales que les bibliothèques mènent dans le cadre de la réduction de la fracture numérique et de l’inclusion sociale et numérique (Claerr, 2020). Cependant, le projet d’éditathon11 autour des Lettres persanes de Montesquieu est bien différent dans ses origines et ses objectifs. Inscrit dans le cadre plus large des commémorations consacrées au tricentenaire de la première publication de cet ouvrage, celui-ci a concrètement eu lieu le 25 septembre 2021 à la bibliothèque municipale de Bordeaux et fut organisé par l’équipe des fonds patrimoniaux en partenariat avec le groupe local des contributeurs Girondins à Wikipédia réunis dans le cadre l’association la Cubale.

De fait, et comme cela a été montré au sujet de la Première Guerre mondiale, les périodes de commémoration facilitent l’activation de pratiques mémorielles collectives grâce aux efforts de mise en ligne de documents assurés par les institutions mais aussi par l’organisation d’événements locaux qui dynamisent ces communautés et actions (Baudouin, 2018 : 39). C’est dans cette optique que le personnel de la bibliothèque a mis en place cet éditathon dont l’initiative est venue de l’institution et non du groupe de wikipédiens impliqué dans l’organisation de ces permanences régulières mais dont certains membres avait déjà eu l’occasion de travailler avec des bibliothécaires sur des articles présentant des ouvrages anciens conservés par la bibliothèque tels que l’Exemplaire de Bordeaux, version imprimée des Essais entièrement annotée par Montaigne et qui constitue le trésor de cette collection. Pour les professionnels des fonds patrimoniaux, il s’agit d’exploiter ce partenariat régulier pour faire vivre différemment les collections patrimoniales en reliant la programmation culturelle de l’établissement avec des actions plus spécifiques : l’acquisition de manuscrits inédits de René Maran12 et le centenaire de la publication de Batouala pour lequel il obtint le prix Goncourt en 1921 ont ainsi donné lieu à des améliorations de la page dédiée à cet auteur, à la création d’un article consacré à ce roman ainsi qu’au versement de substituts numériques de cet ouvrage depuis Sélénée13. Mais si ces commémorations donnent l’occasion de - modestement - renouveler le noyau dur des wikipédiens en sollicitant de nouveaux usagers dans une politique d’élargissement des publics, les entretiens réalisés auprès des personnels de la bibliothèque comme des wikipédiens montrent que ce type de projet est bien loin en réalité des évenements festifs qui accompagnent généralement les commémorations littéraires et qui, dans une optique de démocratisation culturelle encore très descendante, prennent par exemple la forme de conférences ou de lectures publiques. Ici s’est mis en place une méthodologie de travail concertée et validée par l’ensemble des acteurs plusieurs mois avant la date même de l’éditathon, eux-mêmes structurés en deux pôles : l’un institutionnel et constitué de spécialistes des fonds patrimoniaux et ouvrages anciens, et l’autre amateur, composé de spécialistes de Wikipédia et de ses normes. Ce “processus qui a duré plusieurs mois”14 s’est matérialisé par un “travail collaboratif asynchrone d’écriture à distance sur une même brouillon”15 entre le mois de juin 2021 et le mois de septembre 2021, l’objectif étant d’aboutir à une version de l’article considérée comme publiable le jour de l’éditathon. Ce projet a donc supposé de la part de ces professionnels et amateurs un engagement sur le temps long, bien différent de “l’ici et maintenant” des actions de médiation traditionnelles menées par les établissements culturels qui cherchent à attirer des publics nombreux, le succès de leurs propositions se mesurant souvent à l’aune des chiffres de fréquentation. Comme nous l’ont signalé les personnes interrogées, cet investissement relève d’une posture militante pour le partage des savoirs et la défense de la qualité des contenus présents sur Wikipédia, en opposition parfois aux a priori qui demeurent dans la communauté des spécialistes du patrimoine littéraire comme l’ont rappelé lors de nos échanges les membres de la bibliothèque qui doivent souvent convaincre ces derniers de l’intérêt de telles actions16.

Transformer le patrimoine écrit en être culturel et co-construire le patrimoine littéraire

La transmutation du patrimoine écrit en patrimoine littéraire

Le jour J, une petite dizaine de personnes s’est donc réunie à la bibliothèque de Bordeaux dans le cadre de cette journée qui a démarré, comme souvent lors de ce type d’ateliers découverte, par une présentation de documents anciens directement issus des fonds de la bibliothèque : des éditions des Lettres persanes (1721 édition A et édition B, 1754), 8 lettres inédites parues en 1745 dans Le Fantasque, et des manuscrits de Montesquieu (Les pensées tome 2 et 3, Ms 1866/2-3, et un feuillet de travail d’une Lettre persane Ms 2506/4) ont aini été sortis des réserves pour être montrés aux Wikipédiens présents dans une “présentation savante, […] extraordinaire et très émouvante”17. La faible affluence et la dimension intimiste de cette action de médiation ont en effet permis aux bibliothécaires de dépasser les pratiques de monstrations traditionnelles des ouvrages anciens qui, par sécurité, ont tendance à éloigner l’objet livre des publics en l’enfermant dans des vitrines (Henryot (a), 2021). Les personnes présentes ont par conséquent pu développer un rapport direct et sensible au patrimoine écrit en observant ces documents de près, allant même jusqu’à pouvoir les manipuler, comme le prouve ce retour d’un des wikipédiens : “tout le monde était content de cette présentation, c’était l’escalade, une dizaine de livres, des manuscrits uniques, dont un manuscrit de Montesquieu lui-même, c’était un vrai plaisir de les regarder, des les ouvrir, des les toucher…”18. Ce témoignage permet d’appréhender le rôle de ces actions de médiation dans le processus de patrimonialisation en relevant les émotions qu’elles peuvent générer chez certains publics dont l’investissement et la mobilisation leur permettent d’accéder à la présence effective et auratique d’objets authentiques. Par cette mise en visibilité spécifique, la collection patrimoniale de la bibliothèque ne s’inscrit plus seulement dans un usage élitiste et étroit destiné aux seuls chercheurs se déplaçant pour des consultations de documents sur place mais elle devient parallèlement l’objet d’un dispositif de médiation qui, par sa dimension éphèmère et son public restreint, dépasse les difficultés concrètes et conservatoires que rencontrent bien souvent les équipes en charge de ce patrimoine écrit lorsqu’elles désirent le partager plus largement. Le rappel de la figure tutélaire de Montesquieu associée à tel document qu’il a lui-même écrit et donc tenu dans ses mains montre comment ces manuscrits et ouvrages précieux se transforment en ce que Krystof Pomian nomme, pour parler des collections muséales, des sémiophores, “objets porteurs de caractères visibles susceptibles de recevoir des signification”, et qui lui permet de décortiquer les sens que donnent les sociétés présentes aux objets du passé (Pomian, 1990). Reprenant ce concept, Daniel Jacobi évoque ainsi la “transmutation des objets dès lors qu’ils entrent dans les collections des musées” (2021) ou, comme ici, des bibliothèques. Les manuscrits et ouvrages ayant appartenu à Montesquieu ne sont plus de simples documents de travail rangés dans sa bibliothèque personnelle du château de La Brède ; ils sont désormais des reliques qui témoignent de l’activité réflexive d’un auteur et, par là, de son importance dans l’histoire intellectuelle nationale. Ayant perdu son utilité première tout en conservant son intégrité matérielle, le patrimoine écrit conserve de fait une valeur de trace pour les spécialistes puisqu’il leur permet “de connaître le travail de Montesquieu sur le vif” (Volpilhac et Gerbault, 2020). Mais il dépasse cet usage et se métamorphose en un objet culturel autour duquel il convient de tisser des récits afin de l’inscrire dans un référentiel plus large telle que la vie de l’auteur ou sa participation à un mouvement historique. Et c’est par la circulation de ces récits sous formes de textes et de signes que le patrimoine écrit passe de l’objet documentaire statique à l’idée mouvante de patrimoine littéraire et devient cet être culturel soumis à de multiples appropriations et transformations.

Ce sont justement ces transformations et appropriations que donnent à voir les multiples versions de l’article Wikipédia des Lettres persanes et les enrichissements que celui-ci a connus lors de cet éditathon. Mise en ligne pour la première fois le 17 septembre 2004, l’article présent sur l’encyclopédie francophone a connu, en avril 2022, plus de 730 éditions réalisées par 401 éditeurs19, l’édition la plus importante étant celle réalisée par Kanumbib le 25 septembre 2021, soit le jour de l’éditathon. Kanumbib est en effet le compte utilisateur d’un des membres de la bibliothèque de Bordeaux sur lequel a été ouvert le brouillon permettant l’écriture collaborative réalisée à distance sur cet espace “bac à sable” proposé à chaque utilisateur Wikipédia disposant d’un compte. Cette écriture s’est étalée entre le 14 mai 2021 et le 24 septembre 2021, date à laquelle a été apposé un bandeau “Travaux” sur l’article public des Lettres persane annonçant la refonte à venir. La mise en ligne officielle, l’après-midi du 25 septembre, de la nouvelle version du texte est de fait considérée comme la modification la plus importante puisqu’elle entraîne une transformations de plus de 45% de la version précédente et parmi les 10 éditeurs les plus actifs repérés sur cet article, 4 sont des membres de la Cubale ayant travaillé dans les jours suivants l’éditathon20. Pour autant, ces modifications ne sont pas visibles au premier regard, le nouvel article publié le 25 septembre reprenant la structuration et les numérotations de l’ancienne version, à l’exception de l’ajout d’un paragraphe intitulé “Le voyage d’Usbek et Rica” dans la partie introductive présentant un résumé de l’oeuvre. Un examen attentif révèle toutefois que ces remaniements ont un double objectif. Il s’agit d’une part de faciliter la lecture de l’article et la compréhension de l’ouvrage par le recours à des outils graphiques qui se matérialisent concrètement par la création d’un tableau de correspondance de la chronologie utilisée par Montesquieu et d’une cartographie permettant de suivre le voyage des protagonistes. Il s’agit d’autre part, de donner à voir des documents authentiques en téléchargeant sur Wikimedia Commons depuis Sélénée des substituts numériques d’extraits d’éditions anciennes des Lettres persanes conservées dans les collections de la bibliothèque de Bordeaux. Ces deux actions ne sont pas sans rappeller le constat fait en 2017 par Adeline Wrona au sujet de la circulation sur les réseaux sociaux numériques de la littérature en ligne qui relève la standardisation due aux architextes que connaissent aujourd’hui les écrits d’écran où priment la mise en visibilité graphique du texte et la fragmentation de celui-ci (Wrona, 2017). En outre, en faisant de ses collections numérisées des ressources, c’est-à-dire des données brutes partageables et exploitables par toutes et tous, tout en produisant des contenus permettant de rendre accessibles les savoirs dont ces documents sont porteurs, le collectif réuni ici fait oeuvre d’éditorialisation. Sans en reprendre l’écriture spatiale, cette écriture numérique et collaborative agit comme une mise en exposition qui permet de montrer et de proposer une interprétation tout en affirmant dans l’espace public le caractère patrimonial des fonds précieux et, plus largement, de Montesquieu et de l’ensemble de son oeuvre comme en attestent les développements dans les dernières versions de l’article sur la postérité de cet ouvrage et de son auteur.

Une éditorialisation hors de l’institution au service de l’institution ?

La mise en place de cet éditathon s’apparente à ce que Marta Severo nomme une “zone grise” pour définir ces actions liant institutions culturelles et wikipédiens et qui consiste, pour l’établissement patrimonial, à faire venir des publics amateurs en son sein pour publier ou enrichir des pages Wikipédia traitant des collections et sujets dont celui-ci a la charge (Severo, 2021). Cette expression lui permet de développer l’hypothèse que ces pratiques d’écriture numériques partagées, entre institutionnels et amateurs, font de Wikipédia un dispositif de sciences citoyennes qui produit des savoirs, mettant par conséquent en question un des principes fondateurs de Wikipédia et, plus largement de l’écriture encyclopédique qui consiste à diffuser des savoirs établis par ailleurs. Peut-on faire le même constat à partir du projet qui nous préoccupe ici ? L’analyse du processus d’écriture et d’exposition médiatique du patrimoine écrit de la bibliothèque de Bordeaux que nous venons de mener nous permet de compléter cette réflexion en soulignant qu’ici cette action permet de suivre pas à pas une dynamique fragile et complexe de transformation de ces traces documentaires, statiques, en un être culturel soumis à de multiples appropriations collectives et qui, désormais, relève du patrimoine littéraire. L’originalité de la posture de la bibliothèque de Bordeaux est non seulement de produire de façon collaborative ce récit autour de Montesquieu et de son oeuvre mais aussi et surtout d’assumer le recours à une plateforme non institutionnelle pour exposer ces collections et ainsi les éditorialiser. Si ce choix est différent, par exemple, de celui de la BnF qui produit, pour chaque exposition acceuillie dans ses murs, une exposition virtuelle dont le commissariat est clairement porté par l’institution et qui n’hésite pas, dans son rapport d’activité, à mettre en avant la massification des publics qui se connectent sur ces espaces en ligne, il s’avère pertinent pour les personnels de l’établissement bordelais. Ces derniers précisent lors de nos échanges que face aux difficultés d’obtenir des statistiques fiables sur leur bibliothèque numérique patrimoniale Sélénée, les outils Wikipédia leur permettent par exemple de savoir que “cette page est consultée en 200 et 300 fois par jour, avec des pics de 500 ou 600 consultations”21, succès de lecture qui n’est d’ailleurs pas sans intimider les wikipédiens comme le souligne, non sans humour, ce contributeur de la Cubale : “désormais, je n’ose plus mettre mon doigt dedans…”22. Au-delà de ces retours chiffrés, l’équipe de la bibliothèque met également en avant le gain de cette actualisation de la page dans le quotidien professionnel des équipes des fonds patrimoniaux et du service de médiation qui dispose désormais d’informations précises et claires sur l’histoire éditoriale des Lettres persanes pour préparer des acceuils de classe, des ateliers d’éducation artistique et culturelle ou des conférences publiques sans passer de longues heures à dépouiller les sites et éditions savantes produits par les différents spécialistes23. De fait, en déléguant la posture d’autorité et en la partageant avec un ensemble d’auteurs, l’institution construit un article dont la structuration et les propriétés visuelles et typographiques (le tableau de correspondance, la cartographie mais aussi la liste des éditions de l’ouvrage et les liens vers les substituts numériques consultables sur Wikimedia Commons) le détournent en un architexte qui supporte désormais l’autorité intellectuelle et devient la référence. Cette légitimité repose sur deux logiques médiatiques qui s’interpénètrent : d’une part, la reconnaissance internationale et le succès considérable de cette encyclopédie universelle et multilingue qu’est Wikipédia et qui assure la suprématie de cet article sur les autres formes d’éditorialisation qui peuvent exister en ligne, et, d’autre part, la plasticité des substituts numériques de documents précieux conservés par la bibliothèque qui permet non seulement d’illuster l’article à proprement parlé mais aussi de circuler entre l’encyclopédie et la bibliothèque numérique patrimoniale de l’institution qui se voit ainsi authentifiée comme la gardienne de cette mémoire à l’échelle planétaire et porteuse d’un récit autour de Montesquieu et de son oeuvre.

Héritières des confiscations révolutionnaires, tout comme de nombreux musées de province, les bibliothèques municipales et intercommunales du territoire sont ainsi en phase de réappropriation de leurs collections patrimoniales qui représentent non pas seulement des mètres linéaires cachés dans les réserves et destinées aux seuls spécialistes mais aussi et surtout des supports de leurs politiques culturelles et donc de leur rayonnement. Les bibliothécaires sont par conséquent nombreux à s’interroger sur ce casse tête a priori insoluble que contitue la mise en visibilité de la collection patrimoniale et la conservation de documents précieux et rares qui suppose de les protéger de toute dégradation. Cette redécouverte des collections patrimoniales est à faire remonter aux années 1990 et à différents choix politiques nationaux et régionaux : au-delà des grands projets nationaux et des premières campagnes de numérisation de la BnF, à Bordeaux la bibliothèque centrale déménage et s’installe à la bibliothèque Mériadeck en 1991 dans un bâtiment flambant neuf et dont la façade vitrée s’orne, le soir, des signatures illuminées de Montaigne, Montesquieu et Mauriac. C’est également dans cette décennie que le fonds Montesquieu de Bordeaux connaît un accroissement considérable24 avec la dation en 1994 par la comtesse de Chabannes, dernière propriétaire du château de La Brède, de l’ensemble de la bibliothèque de Montesquieu. Dès cette époque, les collections patrimoniales sont considérées comme des leviers de reconnaissance pour la structure qui poursuit désormais cette politique à travers son Projet culturel, scientifique, éducatif et social (PCSES) où le numérique est extrémement présent. Si de plus en plus d’établissements optent pour la création d’exposition (Payen, 2022), ce que ne manque pas de faire également la bibliothèque de Bordeaux qui dispose d’un espace dédié au sein de son bâtiment principal, Fabienne Henryot souligne ainsi dans sa récente étude des politiques menées autours de leurs collections patrimoniales par plusieurs bibliothèques de province qu’à Bordeaux le numérique permet de repenser les liens entre les actions qui relèvent de la lecture publique et les politiques d’érudition en insistant notamment sur les valeurs condensées dans le patrimoine écrit et graphique telles que la citoyonneté ou l’ouverture d’esprit (Henryot (b), 2021). Cette stratégie, légitime, donne à voir in fine une parfaite illustration de la dimension communicationnelle de la patrimonialisation analysée par Jean Davallon sous l’angle de la “filiation inversée” afin de souligner combien les choix et sélections que les institutions contemporaines font dans leurs actions de mise en valeur consistent en une instrumentalisation des artefacts du passé dans un présent soumis à de multiples influences (Davallon, 2000)…

Pour conclure cette réflexion, il me semble important de souligner que celle-ci s’inscrit dans un cadre de recherche plus large dont l’objectif est de suivre la construction progressive, par différents acteurs, d’un ensemble que je regroupe pour l’instant sous l’appellation de “patrimoine littéraire numérisé” mais dont le périmètre reste à définir par une enquête minutieuse sur des terrains plus larges. Ici, celui-ci est co-construit par des acteurs multiples, institutionnels, mais aussi individuels, et se voit fragmenté en de multiples espaces médiatiques. Cette actualisation de la littérature en objet patrimonial est sans aucun doute facilitée - mais il ne s’agit encore que d’un hypothèse de travail - par la numérisation des collections patrimoniales conservées par les bibliothèques, les centres d’archives ou les maisons d’écrivain qui confère une nouvelle visibilité à des traces documentaires autrefois connues des seuls spécialistes. Parallèlement celles-ci viennent authentifier l’existence physique de ces oeuvres de l’esprit, faisant passer le texte littéraire du régime allographique de la littérature (Genette, 1994) à celui du régime autographique des objets patrimoniaux (Davallon, 2015). Mobilisés et mis en mouvement, les substituts numériques du patrimoine écrit contribuent finalement à renforcer l’idée de patrimoine littéraire en diffusant le schème interprétatif des objets patrimoniaux, soit un ensemble de pensées englobantes telles que l’ancienneté de l’objet, sa représentativité d’une pratique passée, sa fragilité voire sa possible disparition si des acteurs n’agissent pas pour sa sauvegarde et qui permet à chacun de reconnaître cet objet particulier comme relevant d’un patrimoine collectif…


  1. Voir le texte en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5292077/f1.

  2. Porté par la cellule de transfert de l’Université Bordeaux Montaigne UBIC, on pourra consulter le rapport remis à la DRAC Nouvelle-Aquitaine en février 2022 sur HAL.

  3. Même s’il n’en sera pas question ici, je rappelle le travail effectué par William Ellison autour d’Antoine d’Abbadie, savant du XIXe dont la demeure, le château observatoire d’Abbadia, se trouve à Hendaye (64). Les archives de cet auteur sont conservées par la BnF et les Archives départementales des Pyrénées Atlantiques et un programme de transcription collaborative de ces carnets éthiopiens, associant la BnF et le Cnrs, est actuellement en cours ; voir la plateforme Trancrire : https://transcrire.huma-num.fr/scripto/13/item. Je tiens d’ailleurs à dédier ce texte à William, wikipédien convaincu et convaincant décédé le 16 mars 2022, qui m’a accompagnée depuis 2015 dans la découverte des méandres de Wikipédia et qui a su transmettre aux étudiants comme à de nombreux acteurs culturels son engagement pour le partage des connaissances et des savoirs.

  4. Voir le rapport d’activité de 2020 de la BnF : https://multimedia-ext.bnf.fr/pdf/rapport_2020.pdf.

  5. Extraits de l’entretien semi-discursif réalisé le 13 janvier 2022 avec les membres des fonds patrimoniaux de la bibliothèque de Bordeaux.

  6. Extraits de l’entretien semi-discursif réalisé le 13 janvier 2022 avec les membres des fonds patrimoniaux de la bibliothèque de Bordeaux. Sur ce sujet des profils et des attentes des publics en ligne, que nous ne traiterons pas ici, on pourra se référer au dossier n°134 de Culture & Recherche consacré aux publics in situ et en ligne ainsi que sur les récentes études menées en France par la BnF et les Archives nationales (pages consultées le 14 avril 2022).

  7. Extrait de la présentation du fonds Montesquieu sur le site institutionnel de la bibliothèque : https://bibliotheque.bordeaux.fr/patrimoine/collections-patrimoniales/fonds-montesquieu (page consultée le 14 avril 2022).

  8. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  9. Je renvoie à cet égard à la page de la Cubale, le groupe des utilisateurs de Wikipédia de la Gironde et de l’agglomération bordelaise (page consultée le 14 avril 2022.

  10. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  11. Je reprends ici l’expression popularisée par la communauté des Wikipédiens https://fr.wikipedia.org/wiki/Edit-a-thon.

  12. Elle-même médiatisée sur le fil twitter dédié aux collections rares et précieuses de la Bibliothèque de Bordeaux lors d’un post publié le 8 décembre 2021.

  13. Voir l’article Wikipédia dédié au roman Batouala de René Maran (page consultée le 14 avril 2022).

  14. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  15. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  16. Extraits de l’entretien semi-discursif réalisé le 13 janvier 2022 avec les membres des fonds patrimoniaux de la bibliothèque de Bordeaux.

  17. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  18. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  19. Les statistiques des pages et articles Wikipédia sont accessibles via les outils mis à disposition par l’encyclopédie : https://xtools.wmflabs.org/articleinfo/fr.wikipedia.org/Lettres_persanes#general-stats (page consultée le 14 avril 2022).

  20. Les 26, 27 et 28 septembre donnent en effet lieu à de nombreuses corrections plus ou moins importantes, ce qui prouve encore une fois l’investissement des bibliothécaires et wikipédiens dans cette entreprise de diffusion de connaissances.

  21. Extraits de l’entretien semi-discursif réalisé le 13 janvier 2022 avec les membres des fonds patrimoniaux de la bibliothèque de Bordeaux.

  22. Extrait de l’entretien semi-discursif réalisé le 27 janvier 2022 avec Cécedille et William Ellison.

  23. Sur Montesquieu, il existent de nombreux espaces ressources en ligne ; citons par exemple : un espace dédié à Montesquieu sur Séléné, la bibliothèque patrimoniale de Bordeaux, le dictionnaire Montesquieu de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon et l’édition en ligne des œuvres de Montesquieu ou encore l’espace dédié à Montesquieu par la BnF avec accès à des EPUB.

  24. Voir la description du fonds Montesquieu de la bibliothèque de Bordeaux sur le Catalogue collectif de France (CCFr)