Fictions institutionnelles - 25 mai

updated 03:14:20 - November 21, 2021

Qu’est-ce qui s’est passé ces deux derniers jours

La première journée a été consacrée à exprimer et à comprendre d’où l’on venait, avec quel bagage, quelles envies et quelles «inquiétudes».

Au regard de positions si proches et lointaines, une conversation préalable semblait nécessaire avant d’envisager une forme d’action, d’écriture et de publication.

Nous avons alors entamé une conversation asynchrone entre les différents participants, sur la base d’écritures individuelles. L’idée était ensuite que chacun se lise et se réponde, s’immisçant dans le texte par une réaction, une passerelle vers son propre texte. Cette seconde phase de la conversation ne s’est passée qu’à la marge, au profit d’un débat en présence.

Au fil des dissensus, nous avons tenté d’identifier des protocoles d’action susceptibles d’être mise en oeuvre dans le temps de l’évenement.

De ces actions encore en puissance, certaines sont devenues des projections, des actions encore à faire. Nous avons évoqué ensemble la dissémination de nos conversations sur Wikipédia, dans une démarche terroriste de tordre la signification de certaines notions, de les ramener à nos approches. Nous avons aussi envisagé d’ouvrir un projet Wikipédia destiné réorienter la notion d’hospitalité qui est aujourd’hui travaillée par le PEROU dans sa démarche d’inscrire l’acte d’hospitalité au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Dans ce cadre, Sylvia et Sébastien se sont lancés dans un inventaire des actes d’écritures et de publication employés par le PEROU sur ses terrains d’action.

Nous avons également évoqué l’écriture collective de [micro-récits], tweet-ready, transposant nos échanges théorique dans une histoire, celle d’un corps diplomatique fantomatique, renouant le dialogue avec les fantômes et les non humains. À nouveau, ces micro-récits viendront investir les réseaux, s’adresser aux humains et aux bots pour en infléchir les écritures.

Synthèse

  • point de départ: hypothèse initiale, l’écriture est un acte instituant, avec l’idée de rejouer la création institutionnelle avec une dimension critique.
  • sur cette hypothèses, plusieurs hypothèses en dialogue ont été exprimées, ce qui a engagé la mise en place d’une fiction qui incarne les problématiques révélées par nos conversations.
    • l’écriture
    • l’institution
    • est-ce que l’écriture (ces écritures légiférantes) peut échapper aux dimensions par lesquelles on appréhende la société et le social: l’économie, la politique, tout en restant politique.
  • on arrive à cette présentation avec des projections, suite à une revendication du temps long, l’impossibilité de produire ou de faire dans le temps de ces trois jours.
  • projections:
    • micro-récits
    • état de l’art et inventaires des pratiques d’écritures sur les terrains de PEROU
    • cet inventaire vient nourir un besoin d identifier un repertoire d actions a activer sur les terrains en tant qu espace de publication wikipedia etc

Micro-récits - bootstrap d’une écriture collective

patrick (brouillon)

Je fais hospitalité. Je veux que vous le sachiez. Parce que ceux que j’accueille ne sont rien à vos yeux : je veux que vous les ouvriez.

Alors je vais le dire, le répéter ici et là, différemment et en même temps, je vais le dire l’automne, la nuit, l’an dernier je vais l’articuler, le déplier, le tendre, pour que vous entendiez, pour que vous sachiez et acceptiez.

L’hospitalité construit : beauté, grandeur, autres voies. L’hospitalité fait ce qui est déjà. Et ce qui est déjà je l’imagine et vous le donne.

« il faudra encore faire exister (écrire et inscrire), ces gestes et ritualités : trouver des formes d’accouchement du présent pour que l’avenir ait lieu »

Nous sommes une légation de six humains, nous sommes traducteurs, commoners, nomades, chercheurs, bricoleurs, arpenteurs.

Aujourd’hui nous accueillons les fantômes. Ils sont venus de loin, ils suivent les routes que d’autres ont suivies avant eux. Ils avaient besoin de venir : pour nous c’est suffisant.

« à force d’écrire et de décrire, nos gestes déplacent, imposent au réel une torsion. l’architecture écrit le territoire, on doit pouvoir infilter les espaces d’inscription pour en modifier les effets, pour que d’autres réalités adviennent. »

Ce sont les envoyés, les ambassadeurs d’un monde qui rassemble les animaux, les végétaux, les fleuves et l’atmosphère, un monde non humain qui côtoie l’humain comme présence du tout autre.
Ils veulent parlementer. Ils s’inquiètent.

Certains sont sortis de la Méditerranée – mer d’inquiétude.
Certains se sont étouffés en avalant du plastique.
Certains ont été libérés par la fonte des glaces.

Common aliens. Diaspora in time.

Quand nous leur disons bonjour, nous le pensons vraiment : nous disons bonjour pour la première fois. Quand ils nous disent bonjour, nous entendons “bonjour” bien qu’ils disent autre chose : ils disent bonjour et c’est déjà beaucoup.

« il nous faut republier le monde, afin que ce qui a lieu réexiste, comme des réalités encore en puissance. comment restaurer des réalités, quand nos coutûmes les ont opacifiées et déqualifiées. »

Nous avons besoin de quelques jours de silence pour assimiler tout ça.

Quand les fantômes se sont installés à l’emplacement du bidonville détruit, ils ont dit : Aujourd’hui c’est ici chez nous. Ils ont apaisé le saccage qui avait chassé les habitants du bidonville, et qui avait touché les alentours auxquels le bidonville manquait. Ils ont posé un pansement provisoire sur la plaie, une mémoire. On recoudra plus tard, ont-ils conclu.

« saurons-nous reconnaître que l’État, une commune, toute institution, sont des matériaux poétiques et fictionnels. reconnaître que ces écritures sont parfois assassines. »

(Avant le saccage certains disaient : Oh, bidonville. À saccager. Oh, étrangers fils de putes.)

(Ils proposent de réparer ensemble, eux et nous, fantômes et humains, les saccages qui s’accumulent, qui veulent nous prendre tout, à eux comme à nous. Ils parlent avec nos mots une langue qu’on ignore et nous disons oui.)

Inventaire des actes d’écriture et de publication et épuisement de leur signification

sebastien, avec sylvia

Description et inventaire des actions (d’enquêtes et d’inscriptions) du PEROU sur les terrains, au prisme de la Publishing Sphere.

Ces gestes protéiformes s’inscrivent dans l’espace public. Les écritures de PEROU façonnent, légifèrent et republient le monde.

Le PEROU a notamment initié une démarche consistant à vouloir inscrire de l’acte d’hospitalité au patrimoine (immatériel) mondial de l’humanité de l’Unesco.

minutes

agir, enquêter mettre jour, …

faire nscrire par l’unesco l’acte de l’hospitalité au patrimoine immatériel

mettre à jour

manifester : inventorier, combattre, embellir, recréditer,

intensifier, élargir, éxagérer, légiférer

Actualiser l’histoire de la chapelle à Paris

transcrire traduire rendre publique

infiltrer, speculer, imaginer, enquêter avec attention avec affection

naître à jour

exposer les actes, les arracher à leur statut d’anecdote

énoncer pour prouver que cela existe

énoncer étonner la catastrophe par le peu de mal qu’elle nous fait

inventorier les actes d’hospitalités

intensifier la présence, la puissance

élargir, exagérer, légiférer et contre-légiférer, ce qui légifère en silence

installer, instituer.

déclarer les preuves collossales d’humanités

rendre manifeste ce qui au milieu du désastre n’est pas de l’ordre du désastre et lui faire de la place

inventorier

combattre en rénovant les modalités d’actions

bien présenter le présent, légender le territoire de la chapelle à paris

écrire une toute autre légende du territoire

republier le présent, faire advenir, instituer,

occuper le futur, le territoire futur, agir, enquêter avec attention, mettre à jour, attester