Notes d’atelier Sébastien Thiéry

updated 09:54:22 - November 30, 2021

Republier le monde. Notes

Questions ?

  • Quel est le rôle des pratiques d’écriture analysées ou mobilisées par PEROU ?

Nécessité de redécrire les actes d’inscription (modalité d’écriture et de publication)

Situer l’échange dans celui du PEROU aujourd’hui : - Agir - Enquêter - Mettre au jour - Exposer - Énoncer - Attester (témoigner) - Affirmer - Déclarer - Manifester - Inventorier - Combattre - Qualifier (accorder une qualité) - Embellir - Corriger - Recréditer - Restaurer - Décrire - Inscrire (dans le monde) - Signaler - Présenter - Légender un territoire - Ritualiser - Intensifier - Élargir - Exagérer - Augmenter - Légiférer - Éditorialiser le présent - Republier le présent - Faire advenir - Faire retentir les “puissances” en devenir - Actualiser des devenirs dans le présent - Installer une fiction ontologique: ce qui fait “être”. - Instituer - Restituer - Rétablir - Transcrire - Traduire - Rendre public - Propager - Performer - Infiltrer - Occuper - Spéculer - Imaginer

  • Pourquoi vouloir inscrire l’Hospitalité au patrimoine de l’Humanité ?
  • Comment s’assurer de l’effectivité de telles prérogatives ?
  • Comment cette démarche informe la notion de communs ?

  • Étoffer le repertoire des actes de publication.

Institution Un être de fiction qui a des effets collectifs. C’est précisément la définition d’une institution.

Qualifier et disqualifier les actes d’hospitalité Soucieux concernant la manière dont les exilés sont accueillis ou pas, nous nous sommes tournés vers les actes d’hospitalité et la manière dont ils sont disqualifiés de toute part. Il existe de multiples manières de qualifier ou disqualifier les actes d’hospitalité. Au sein d’un tel répertoire de pratiques, on trouverait :

  • des textes de lois,
  • des performances (actions policières à finalité d’intimidation, usage spectaculaire d’armes et de matraques)
  • notre propre discrédit de l’acte d’hospitalité en ce qu’il serait trop timide, douteux, ou encore irréciproque et apparenté à de la charité.
  • des écritures qui pointent les dangers parce que, si, quand même “on peut pas accueillir tout la misère du monde” celles qui disent que c’est un danger, que peut participer au grand remplacement …

Comment arrive-t-on à restaurer les actes d’hospitalité en tant que réalités, que nos coutumes n’ont cessé de discalifier, de masquer, de réduire de qualité ? Comment pouvoir les qualifier autrement ? Si l’expérience de ce qui a lieu est dévaluée par des écritures extérieures (journalistiques, juridiques), alors il s’agit de réevaluer les écritures de ces expériences, par de multiples formes de publication.

Republier le monde, afin que ce qui a lieu existe à nouveau comme des réalités en puissance.

Écritures légiférentes

Il y a des écritures qui légifèrent en silence. Ces écritures sont de natures multiples et prennent des parcours de publication différents. Ce qu’on appelle en langage vulgaire, la propagande: art de propager.

Propager des actes d’hospitalité

Comment amorcer une propagande autour de ces actes d’hospitalité ?

Comment faire loi autrement ?

Comment qualifier autrement les actes d’hospitalité ? De nombreuses stratégies d’écritures permettent de recréditer le réel.

Il faudrait réussir à voir comment ces différentes écritures font “lois”, car le “faire loi” ne s’opère pas que par le biais de textes juridiques. Notre tâche est d’inventer des contre-procédures, questionnant ces manières de “faire loi” et comment faire autrement. Nos expériences de terrain nous ont fait percevoir ce que l’hospitalité construit: beauté, grandeur… Nos actions consistent donc à “imaginer ce qui est”, comme le dit Marielle Macé. Notre souci face à ces actes, nous commande de réévaluer nos écritures et de restituer à l’hospitalité sa dimension d’imagination de monde désirable. Comment faire exister? C’est une question juridique.

Action de republicisation Nos actions de REQUALIFICATION/ REPUBLICATION ont consisté, notamment, à créer des Hauts Lieux de l’hospitalité: par exemple, dans le bidonville, un “palais” a été offert à Yvette, habitante qui venait tous les jours aider… ça a donné l’ambassade du PEROU. Autre exemple: les faux journaux, Calais Mag …

Reconnaitre que le bidonville est une écriture qui légifère en silence par ce qu’elle crée sur le territoire et manière dont elle est stigmatisée.

Enquêter : inventorier les actes Se lancer dans ces contre légiférations demande un nouveau processus d’enquête. Enquête au long cours qui inventorie les actes, observe les commencements et re-commencements: comment on l’inscrit, comment ça transcrit ? Exemple : Archive au présent de ce qui a lieu autour de la Méditerranée dans diverses langues et divers lieux devient l’une des pièces à conviction de la procédure (UNESCO).

Comment on recrédite par des manière d’enquêter, fabriquer du récit et publier. Ce sont des pratiques rituels. Des fictions ontologiques qui font exister. Des modes d’inscription au monde.

Faire exister les actes d’Hospitalité au patrimoine mondial de l’Humanité = opération de traduction Tenter de considérer que cette oeuvre littéraire dans laquelle nous sommes engagés, permet de faire exister ces actes, de raconter à l’unesco que quelque chose a lieu… Il va aussi s’agir de remplir un formulaire et pour le faire nous allons devoir nous confronter aux écritures collectées et reprendre l’écriture qui devient cette fois un acte de traduction. Langue UNESCO peut paraitre extrêmement froide, comme risquant de nous faire perdre ce à quoi l’on tient et que nous rendons visible dans nos autres écritures. Tout le travail ici devient donc: comment considérer cette traduction apparemment pauvre comme, aussi, pouvant susciter des éclats? où garder du jeu pour se rapprocher de ce que l’on transcrit ici.

Héritage Nous rencontrons ici la notion de patrimoine: parce que nous décretons que l’acte d’hospitalité est un héritage de la plus grande valeur, c’est ce qui permet à l’humanité de tenir, ce qui permet à l’humanité de venir…

Écriture échelle 1 Devient une “écriture plaidoyer” et une écriture dans le territoire. À la chapelle par exemple, comment on vient déployer ce qui a lieu, comment on crée des Hauts lieux, comment on peut légender ce territoire en écrivant une autre histoire du territoire et une aure géographie ? une pratique d’écriture élargie, d’écriture à l’échelle 1

Fiction ontologique Cette procédure d’écriture nous fait nous engager pour que d’autres réalités adviennent. C’est un projet, une fiction ontologique: ce qui fait “être”.

Passé / présent à partir de l’accouchement, entre le présent et l’avenir: trouver des manières de faire advenir. ce qui a lieu est supposé ne pas avoir d’avenir. requalifier ce qui a lieu afin que ces dérisables adviennent. comment éditorialiser le présent, le republier pour faire advenir, ou faire retentir les “puissances” de devenir. on tente de modes d’inscriptions dans le monde, comme une adresse à l’unesco, comme un piratage de la signalétique dans le métro parisien (pour indiquer des actes d’hospitalité). l’enjeu est de faire exister (par l’ecriture, l’inscription), des gestes et des ritualités (l’hospitalité) : trouver des formes d’accouchement du présent pour que l’avenir ait lieu opération de réalisation : actualiser des devenirs dans le présent. Le fantôme, c’est faire exister dans le présent des traces d’avenir?

Ma problématique : Comment donner des arguments pour dire que nos enfants ne sont pas arrivées trop tard. L’existence de ces êtres (mes enfants) exigent autre chose qu’une exposition à un discours du desastre.

Multiples traductions

Hypothèse: il n’y a qu’un seul texte : inscription de l’hospitalité au patrimoine immatériel de l’humanité. Un seul texte et de multiples traductions notamment dans l’espace public (cf renomination du metro). Ces écritures ont vocation à faire exister dans le présent du futur désirable. Nous pourrions considérer ce travail comme un “corps diplomatique” que nous faisons déjà mais il pourrait y avoir d’autres surfaces. par exemple: wikipedia et ce que permet mais d’autres espaces existent permettant que ce texte remplisse sa fonction diplomatique. C’est à dire: articulation entre passé et avenir, faire exister autrement ce qui a lieu pour lui donner un avenir. Un avenir désirable et pas catastrophique. Quelles sont ces formes de publication qui ont fonction diplomatique.

Pourrait on détourner manière dont s’écrit wikipedia, par exemple, en attestant de ce qui a lieu ou eut lieu et plutôt y inscrire des spéculations sur l’avenir? comment faire exister l’avenir spéculé de telle sorte que sa réalisation soit inconstestable et irrémédiable sans passer par le registre de la catastrophe ?

On est sur le champ de bataille des écritures juridiques et à chaque fois: des formes d’énoncés qui nous font nous inscrire dans des modes d’écriture existant, voir ce qui légifère dans le monde. Nous permet de faire état d’un chantier législatif mais nous aurions besoin d’avoir d’autres hypothèses d’inscriptions tout comme, peut-être, d’autres modalités d’existence de ce qui légifère à notre insu pour pouvoir légiférer en plus, au delà…

Comment performer ? Comment rendre publique l’annonce “acte d’hospitalité au patrimoine immatériel de l’humanité”? rendre public, making things public, c’est pas communiquer, c’est performer. Quels sont les effets de ce rendu public là? et quels autres modes performatifs peuvent créer des effets similaires/ complémentaires

Infilter des espaces d’inscription pour en modifier les effets. La fiction littéraire permet d’occuper les imaginaires Comment occuper les imaginaires ? ces gestes produisent des déplacements, torsions sur le réel, à force d’écrire et de décrire.

Répertoires d’actions : écritures multiples : des actes municipaux, des monuments, des appels à projet de la mairie de paris Dérégler des procédures et des écritures (exemple de Wikipedia)

infiltrant des machines à langages pour les tordres se placer aux mêmes endroits que la littérature et la poétique qui gouvernent.

Comment réoccuper les formes, comme on réoccupe le territoire ?

Création institutionnelle Une commune, 36000 fois institué Pourquoi ne reprenons pas les chemins de ces créations ? Reinstaurer l’institution pour les déborder, interroger les modes d’existences

Il faut reprendre la facture, la nature, et la relation avec tous ces êtres qui peuplent nos existances.

Le PEROU m’apprend à refaire d’autres relations, désinfantilisées.

Les forces d’agissement de ces institutions sont leur puissance poétique. Opposer des poésies à d’autres poésies.

Fictions institutionnelles

Qu’est-ce qui fait tenir un état, une commune. Reconnaître que ce sont des matériaux poétiques et fictionnels. Il faut le prendre en compte, et alors ca nous permet de travailler autrement, en relation avec tous ces êtres, pour les reconsidérer. Il y a une manière de travailler autrement, au milieu et avec tout ces êtres. Pour travailler avec, il faut reconnaître des modes d’existences. C’est parce que tu es dans un contexte que tu pratiques une reconnaissance.

Le PEROU répond à des écritures assassines qui gouvernent. combattre un texte avec d’autres textes.

La nature de l’être VS la politique de l’être. La dissidence n’est pas dans la nature de l’être mais dans la politique de l’être.

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Le PEROU est une manière de faire dissidence (par rapport au projet de l’État), un état second. c’est donc une posture.. cad que la dissidence mais ca ne dit rien de la nature de ce que c’est. ca ne dit rien de la nature des êtres que l’on a créé, ou que l’on habite

référence: traité d’écologie sauvage, Alessandro Pignocchi Interroger nos fictions instituantes nous fait reconnaitre autrement Au-delà de la dissidence, qui est une manière très contemporaine de se représenter au monde

Les communs

rétablir les injustices épistémiques ? comment faire exister l’acte d’hospitalité comme un commun ? quel technique pour apparaître comme un commun. Faire exister dans l’ordre des communs ? La modalité meme d’inscription nous demande de parfaire la définition de la chose. Quels protocole de définition La question de la réciprocité invalide tout un tas d’acte qui ne demande pas de retour. Penser comment la dussimetrie. Temps très long, immémoriel. Repenser la reciprocité dans la simultaneité différés. Mémoire des hospitalités.

Si on s’en tient qui ouvre la possibilité d’une relation, sans pour autant l’exiger, surement est-on plus juste.

Dans la non reciprocité, en tant qu’acte qui ouvre une relation, cela peut être considéré comme un commun ? Quels modes d’inscription de narration, comment cela reorganise les acteurs, les choses.

Problématiques des nouvelles professionalités Hospitalisme pratiques administrées de l’hospitalité qui siphonent les pratiques Au motif d’une politique d’accueil.

Communs négatifs et prositifs considérer les migrations au même titre que la centrale nucléaire

Communs négatifs ce qui dépendent de nous migrants