Fictions institutionnelles - 24 mai

updated 08:55:27 - August 11, 2020

Protocole

  1. temps d’écriture individuel pour poser un terrain, une “inquiétude”, proposer des questions pour adresser des manques (1h > jusqu’à 11h)
  2. temps de mise en commun
  3. temps d’écriture, de réponse

Avec quoi nous venons ?

camille sebastien

Sébastien fait le récit du chemin. Il y a des écritures qui légifèrent en silence. Ces écritures sont de natures multiples et prennent des parcours de PUBLICATION différents. Ce qu’on appelle en langage vulgaire, la propagande: art de propager. Comment amorcer une propagande autour de ces actes d’hospitalité? Dans notre souci concernant la manière dont les exilés sont accueillis ou pas, nous nous sommes tournés vers les actes d’hospitalité et la manière dont ils sont disqualifiés de toute part. Comment pouvoir les qualifier autrement Si on était sérieux, on pourrait faire un petit atlas de toutes les manières de qualifier/ disqualifier ces actes. On y trouverait: des textes de lois des performances (actions policières avec usage spectaculaire des armes, matraque…produire l’intimidation) le discrédit “entre nous”: “c’est un acte trop timide, qui dénonce pas assez, un acte douteux, trop proche de charité, trop d’irréprocité…”" des écritures qui pointent les dangers parce que, si, quand même “on peut pas accueuillir tout la misère du monde” celles qui disent que c’est un danger, que peut participer au grand remplacement

Il faudrait réussir à voir comment ces différentes écritures font “lois”, car le “faire loi” n’est pas que dans le texte juridique. Notre tache: inventer des contre procédures, questionnant ces manières de “faire loi” et comment faire autrement. Nos expériences de terrain nous ont fait percevoir ce que l’hospitalité construit: beauté, grandeur… Nos actions consistent donc à “imaginer ce qui est”, comme le dit Marielle Macé. Notre souci face à ces actes, nous commande de réévaluer nos écritures et de restituer à l’hospitalité sa dimension d’imagination de monde désirable. Comment faire exister? C’est une question juridique

Nos actions de REQUALIFICATION/ REPUBLICATION ont consisté, notamment, à créer des Hauts Lieux de l’hospitalité: par exemple, dans le bidonville, un “palais” a été offert à Yvette, habitante qui venait tous les jours aider… ça a donné l’ambassade du PEROU. Autre exemple: les faux journaux, Calais Mag …

Reconnaitre que le bidonville est une écriture qui légifère en silence par ce qu’elle crée sur le territoire et manière dont elle est stigmatisée. Se lancer dans ces contre légiférations demande un nouveau processus d’enquête. Enquête au long cours qui inventorie les actes, observe les commencements et re-commencements…: comment on l’inscrit, comment ça transcrit? Archive au présent de ce qui a lieu autour de la Méditerranée dans diverses langues et divers lieux devient l’une des pièces à conviction de la procédure (UNESCO).

Tenter de considérer que cette oeuvre littéraire dans laquelle nous sommes engagés, permet de faire exister ces actes, de raconter à l’unesco que quelque chose a lieu… Il va aussi s’agir de remplir un formulaire et pour le faire nous allons devoir nous confronter aux écritures collectées et reprendre l’écriture qui devient cette fois un acte de traduction. Langue UNESCO peut paraitre extrêmement froide, comme risquant de nous faire perdre ce à quoi l’on tient et rendons visible dans nos autres écritures. Tout le travail ici devient donc: comment considérer cette traduction apparemment pauvre comme, aussi, pouvant susciter des éclats? où garder du jeu pour se rapprocher de ce que l’on transcrit ici.

Nous rencontrons ici la notion de patrimoine: parce que nous décretons que l’acte d’hospitalité est un héritage de la plus grande valeur, c’est ce qui permet à l’humanité de tenir, ce qui permet à l’humanité de venir… Devient une “écriture plaidoyer” et une écriture dans le territoire. À la chapelle par exemple, comment on vient déployer ce qui a lieu, comment on crée des Hauts lieux, comment on peut légender ce territoire en écrivant une autre histoire du territoire et une aure géographie? une pratique d’écriture élargie, d’écriture à l’échelle 1

Cette procédure d’écriture nous fait nous engager pour que d’autres réalités adviennent. C’est un projet, une fiction ontologique: ce qui fait “être”.

C’est avec ça que nous arrivons à Montreal. 1ère hypothèse: il n’y a qu’un seul texte : inscription de l’hospitalité au patrimoine immatériel de l’humanité. Un seul texte et de multiples traductions notamment dans l’espace public (cf renomination du metro). Ces écritures ont vocation à faire exister dans le présent du futur désirable. Nous pourrions considérer ce travail comme un “corps diplomatique” que nous faisons déjà mais il pourrait y avoir d’autres surfaces. par exemple: wikipedia et ce que permet mais d’autres espaces existent permettant que ce texte remplisse sa fonction diplomatique. C’est à dire: articulation entre passé et avenir, faire exister autrement ce qui a lieu pour lui donner un avenir. Un avenir désirable et pas catastrophique. Quelles sont ces formes de publication qui ont fonction diplomatique

Pourrait on détourner manière dont s’écrit wikipedia, par exemple, en attestant de ce qui a lieu ou eut lieu et plutôt y inscrire des spéculations sur l’avenir? comment faire exister l’avenir spéculé de telle sorte que sa réalisation soit inconstestable et irrémédiable sans passer par le registre de la catastrophe?

On est sur le champ de bataille des écritures juridiques et à chaque fois: des formes d’énoncés qui nous font nous inscrire dans des modes d’écriture existant, voir ce qui légifère dans le monde. Nous permet de faire état d’un chantier législatif mais nous aurions besoin d’avoir d’autres hypothèses d’inscriptions tout comme, peut-être, d’autres modalités d’existence de ce qui légifère à notre insu pour pouvoir légiférer en plus, au delà…

Comment rendre publique l’annonce “acte d’hospitalité au patrimoine immatériel de l’humanité”? rendre public, making things public, c’est pas communiquer, c’est performer. Quels sont les effets de ce rendu public là? et quels autres modes performatifs peuvent créer des effets similaires/ complémentaires

Patrick

patrick

projet

Les fantômes, représentants possibles auprès des humains du monde non humain. Nous constituons une expédition diplomatique pour les rencontrer et résoudre

Partir de nous comme corps diplomatique, repartir de phrases qu’on a dites.

– Ca me fait peur d’avoir un chez moi, dit Camille.

– Peur chez moi, répond son fantôme diplomate.

Quelques questions très courtes dont les réponses seront un point de départ.

  1. écrire sur un paysage aimé, investi (en quelques lignes) (le lac d’inquiétude de Sébastien)
  2. écrire sur un autre membre du groupe (trop compliqué : on ne se connaît pas)
  3. écrire sur un autre soi-même
  4. Pourrait-on proposer un droit du non-humain (animaux etc. fantômes) spécifique et non symétrique (question : le droit à l’image qu’on connaît protège-t-il un refus d’être transformé en fantôme par la captation de sa propre image?)

Trouver un équivalent à la transe chamanique, qui est un voyage dans un paysage donné, celui où vit le chaman, mais où des éléments auparavant invisibles apparaissent, où l’échelle cartographique peut être différente, qui réunit les deux mondes humains et non humains, qui est un lieu de traduction entre les mondes et où des problèmes de l’un et l’autre peuvent trouver leur résolution.

Question : le statut des objets créés par l’humain : est-il le même que le reste du monde non humain ?

Logiciel d’augmentation de la réalité.

Symétrie : pour dialoguer avec les fantômes il est nécessaire d’instaurer une symétrie – notre groupe d’humains discutera avec un groupe non humains qui étangement nous ressemble, comme dans un miroir légèrement déformant. Ce dispositif comporte le risque de traverser irrémédiablement la frontière entre mondes. En prenant notre apparence physique les fantômes abandonnent qq chose : et nous, qu’abandonnons-nous en retour pour faire ce pas vers eux ?

Dialogue, traduction entre fantômes et humains (procédés stylistiques) : gestes rituels, répétitions, scènes rejouées avec légères modifications…

Eric

eric

Le pays(age) et sa langue (où l’on naît/est et comment cela s’imprime)

Nous vivons dans des dimensions, parlons et écrivons à partir d’expériences, de lieux physiques et mentaux séparés qui s’ignorent, se croisent, et parfois se rejoignent.
Il faut savoir et exposer le temps et l’espace dans lesquels on écrit, avec toutes les interactions que cela induit. Je n’ai pas d’attachement à un lieu, à un pays particulier, mais à un certain type de lieu, et à la valeur que j’y attache. Le paysage que j’aime est un paysage total, immense, superposé, qui contient tous les paysages que j’aime. Le chemin pour y accéder est ouvert et visible, et pour cela il doit être le plus plat possible, ou le devenir. Exister en deux dimensions. Ses abords également, qui sont comme les entrelacs d’une carte. Il ne peuvent gagner en consistance, en précision, que si l’on inclus une quatrième dimension : le temps. Sinon ils apparaissent par transparence. Parfois les montagnes au loin, à l’horizon, à la jonction entre la terre et la mer donnent cette impression de transparence et se laisser exister et voir les unes à travers les autres. Une fois au cœur de ce paysage, l’on voyage en nomade dans des lieux les plus vierges possible en laissant le moins de traces possible, ou toujours signifiantes, en effaçant quand c’est souhaitable et possible les traces de ceux qui nous ont précédés.
Le chemin emprunté ne se plie pas à la façon de voyager, il la conditionne. Dans ces conditions, la recherche de l’eau, des conditions climatiques et plus généralement matérielles qui conditionnent la vie quotidienne l’emportent sur présupposés, sur les raisons culturelles, abstraites, virtuelles, qui s’adaptent et s’enrichissent de ce rapport. Le rapport à l’environnement, à ce qui nous entoure, est central, inspirant. Il n’y a pas de rapport de production, d’exploitation, qui demeurent dans les lieux et conditions contemporaines. Et le rapport même à ces rapports est réduit au minimum par une consommation réduite et maîtrisée. Au fur et à mesure des voyages, un rapport, une connexion, une reconnaissance mutuelle s’établit. Les signes deviennent visibles, lisibles. Les paysages dans le paysage se définissent, se signifient, se livrent. Avec le temps et l’expérience, l’on sait d’entrée à quel type de terrain l’on a affaire, ce que l’on va y rencontrer, les usages, les interactions dans et entre le paysage et ses habitants. (Le récit se poursuit par une typologie des terrains et des modalités des relations qui y ont cours, traverser les paysages et être traverser par eux en nomade et chaman).

La diplomatie fantomatique La diplomatie implique une certaine forme d’empathie. Il ne doit pas avoir comme but de tirer un avantage personnel direct. Il s’agit d’entrer en relation, en résonnance, ce qui peut impliquer d’être affecté et d’affecter, une affection et un attachement. Pas d’inquiétude à avoir, mais des chemins à prendre, des rencontres à faire, des choses à apprendre. L’inquiétude vient souvent de l’inconnu, de la méconnaissance que nous avons de cet inconnu et de nous-mêmes, et donc des conséquences de ces interactions. De l’embarras du choix qui est illusoire. L’on peut s’engager dans une voie et revenir en arrière, ou bien en changer en cours de route. On peut emprunter un chemin et le rendre. Souvent les chemins se recroisent. Rien n’est jamais définitif. Tout est une question d’échelle. Les choix qui paraissent localement insignifiants peuvent être globalement conséquents. Les choix qui paraissent globalement conséquents peuvent être localement insignifiants.

Dans ce contexte, la notion de prendre soin (du care). C’est là qu’intervient la diplomatie fantomatique : pour mettre en place et appliquer un protocole en fonction des situations. Ces protocoles sont classés par paliers qui les uns après les autres définissent ce à quoi ou à qui nous avons affaire.

Ce protocole est commun aux délégations humaines et de fantômes. Il a été établi à une époque où l’on suppose que les interactions étaient courantes entre humains et non humains, éléments, animaux, végétaux car ils vivaient dans le même écosystème. L’on ne sait pas si cette époque se situe dans le passé ou dans le futur. Le temps et l’espace dans lequel se déroulent ces interactions ne sont pas linéaires. Une causalité existe, mais ses lois ne sont pas forcément les mêmes ; un effet peut produire sa propre cause et une cause exister en soi sans aucun effet. Deux choses peuvent se contredire sans que cela soit contradictoire. Protocole : 1-observation des signes : l’autre se fige, paraît positif/neutre/négatif (cela peut présupposer de ses intentions, mais pas toujours)
2-laisser l’autre venir à soi (ne pas être égocentré, souvent l’autre ne nous voit pas, occupé à ses propres affaires. =>s’il (ne) vient (pas) : (ne pas) interagir : s’identifier (ou pas) par un signe ou la voix (peut-être mal interprété)
3-contact : on peut choisir de rester ou de partir, de faire fuir, ou d’aller vers si on est appelé – initier l’action et pressentir les signes de la réaction
4-réaction : de soi comme de l’autre : peut-être ressentie comme (peut inclure le malentendu) : =>positif/neutre/négatif=>ajuster sa propre réaction pour ramener l’échange un degré au-dessus ou au-dessous (se protéger, et protéger l’autre)
5-accepter d’aider ou d’être aidé Notes : -la typologie humain non-humain (animal, végétal, paysage, fantôme)est une appellation produite par les humains
-chacun parle dans et de sa sphère : seul l’humain se définit comme humain (il est nommé autrement par les autres) et définit les autres par la négative non-humain ne sachant comment positivement les appeler sans projeter su eux davantage encore de ce qu’il sait ou pense savoir.
-il faut laisser les autres se définir eux-mêmes

Sylvia

sylvia

« Il y a des choses à faire. Ce qu’il nous faut faire. » sebastien Thiéry

Comment se saisir de l’acte d’écriture comme vecteur de rapports à ce qui nous reste en commun (cf. les attachements de camille)

“En éditeur, republier le monde. Imaginer ce qui est.”" sebastien Thiéry

Comment se saisir de l’acte d’écriture pour faire valoir des rapports au monde. Comment ces processus d’écriture interpellent et informent un « design des instances », au sens de création institutionnelle, dans une perspective où le design se serait défait de ses dimensions anthropocentrée et extractiviste pour faire valoir d’autres relationalités (Escobar). Comment des littéracies de l’écriture / lecture en commun soutiennent des écologies attentionnelles propres à ces processus de création institutionnelle (auto-instituants) ?

Les communs, interpelés en tant que vecteur de démocratie radicale, se prêtent à une démarche de requalification de nos rapports au monde. Des collectifs mobilisent de plus en plus cette notion en vue d’instaurer ces nouvelles relationalités, y compris dans le but explicite d’outrepasser les limites de la notion de “ressource” au coeur des communs. Comment se saisir des “communs en train de s’écrire” en tant qu’espace politique radical façonnant des rapports au monde qui s’inscrivent dans nos urgences écologiques et sociales. Comment les énoncer, les décrire, les comprendre, les interpréter ? Comment les révéler, les reconnaître en tant qu’instances politiques ? Comment les lire comme des actes “légiférant” (cf. La démarche de sebastien Thiéry, cf, L’Atlas des Chartes des communs urbains ) Quelles tensions, idéologies sous-jacentes incarnent-elles ? (Concervation, protection, coopération, et…)

Nicolas

nicolas

mon inquiétude : repartir de l’écriture comme pratique et reconnecter vos sujets, vos terrains, et les écritures qui s’y pratiquent à la question que pose la Publishing Sphere.

En étudiant le Général Instin avec Servanne Monjour, nous avions identifié dans ce “collectif en train de s’écrire” une manière de faire collectif par l’écriture. J’y vois, de manière très intuitive (seulement), une source d’inspiration pour d’autres communautés, qu’elles soient investies sur des terrains sociaux, politiques, littéraires, pour produire des connaissances. En s’émancipant des canaux traditionnels de publication, le GI en vient à réinventer l’acte de publication. C’est ce que Lionel Ruffel a appelé la littérature brouhaha. Avec le GI, l’enjeu n’est pas tant cette production de connaissances qu’une circulation continue, fluide, s’incarnant dans la réécriture, l’emprunt, l’interprétation. Ce qui semble avoir fonctionné avec le GI depuis une vingtaine d’année, c’est cette circulation des écritures dont le résultat évident est une manière de «faire collectif».

Notre intérêt pour le projet Général Instin provient d’une intuition : Instin serait un cas d’étude idéal pour comprendre les formes et les pratiques littéraires contemporaines. La multiplicité comme l’hétérogénéité des médias et des formes d’expression croisés qui sont à l’œuvre dans le projet semblent suggérer un nouveau mode de publication littéraire (le terme « publication » étant compris au sens de « rendre public »). L’écriture littéraire, en ce sens, se conçoit autant à travers une communauté de contributeurs qu’une collection de médias. L’acte de publication, s’il perd une part de l’autorité que lui conférait les institutions littéraires, regagne en vitalité, en diversité et en circulation. La publication se libère de son carcan institutionnel, s’autonomise par rapport à lui et s’autorise. La mise en circulation se suffit à elle-même, valorisée par les nouvelles dynamiques qu’elle génère, jusqu’à ré-irriguer au passage les circuits traditionnels comme on peut le voir avec les « spins-of » de GI.1 […] De même qu’Instin constitue intuitivement un cas d’étude idéal de littérature contemporaine, il pourrait nous éclairer sur la nature d’un environnement-dispositif ouvert à toute forme d’appropriation et de réécriture du Général.

Le lien à la Publishing Sphere est alors une réinvention des formes de publications et d’écriture, et ses effets sur le monde ou sur les terrains où se produisent ces écritures. j’y vois une production d’espace, qui peut être aussi une réinvention d’un espace public. Publier, ou rendre public, peut constituer une production d’espace. Le GI nous inspire une certaine forme d’espace, dans lequel peut se constituer un espace public.

À partir de là, on peut se demander si d’autres communautés/collectifs ont également investi des formes d’écriture ou de publication produisant de nouveaux espaces publics. C’est la question que nous nous sommes posés avec le dossier «Ecrire les communs», à un moment où les praticiens des communs développent des pratiques d’écriture diverses souvent très conscientes.

L’écrit advient ainsi naturellement au coeur de ce retour, participant d’un désir de structuration et de renforcement des communs dans un paysage économique et juridique encore hostile au collectif et à ses manifestations.2

L’écriture ici n’est pas littéraire, il s’agit davantage de documenter et transmettre, permettre à d’autres communautés de proposer des outils, une gouvernance localisée, et permettre son appropriation.

Ces partages d’expérience se projettent à la fois dans l’échange avec des communautés proches, et dans la production d’un patrimoine informationnel commun, dédié aux communautés futures.3

Il s’agit aussi d’élaborer des écritures juridiques («production de normes juridiques ascendantes»4), à travers des chartes par exemple, dans une démarche d’existence politique, de force de proposition et d’action. Autant les pratiques documentantes que les écritures juridiques viennent légitimer et instituer les communs comme paradigme alternatif.

La mise en écriture prépare ainsi le terrain juridique, et invite les administrations à cohabiter avec les initiatives locales ou à intégrer les principes du commoning dans la régulation municipale, étatique ou européenne.5

Discussions (1):

Patrick: Le monde commun entre l’humain et le non-humain.

Rituel chamanique pour un accouchement difficile: le shaman est appelé par la sage-femme. la facon dont la sage-femme vient chercher le shaman, différents retours, la scène se répète, relève le rituel (comme une forme littéraire). Le shaman raconte le voyage et l’ascension de la montage, jusqu’à la fin du voyage.

Comment est ce qu’on écrit dans le territoire Comment rendre visible et effectif, on doit les traduire pour des espaces existants.

Nicolas : à partir des textes proposés (la jonction entre les groupes) Quelles sont ces formes de publication qui ont fonction diplomatique Traduction dans les espaces existants. Où se passe la diplomatie. (lisière) L’acte de traduction est déjà une forme d’hybridation, qui n’est pas une équivalence mais une réécriture qui interprête.

Sebastien : à partir de l’accouchement, entre le présent et l’avenir: trouver des manières de faire advenir.

ce qui a lieu est supposé ne pas avoir d’avenir. requalifier ce qui a lieu afin que ces dérisables adviennent. comment éditorialiser le présent, le republier pour faire advenir, ou faire retentir les “puissances” de devenir.

du Discrédit Comment on recrédite par des manière d’enquêter, fabriquer du récit et publier. Ce sont des pratiques rituels. Des fictions ontologiques qui font exister. Des modes d’inscription au monde.

on tente de modes d’inscriptions dans le monde, comme une adresse à l’unesco, comme un piratage de la signalétique dans le métro parisien (pour indiquer des actes d’hospitalité).

l’enjeu est de faire exister (par l’ecriture, l’inscription), des gestes et des ritualités (l’hospitalité) : trouver des formes d’accouchement du présent pour que l’avenir ait lieu

opération de réalisation : actualiser des devenirs dans le présent. la diplomatie ici est celles des signes d’avenir possibles et désirables

l’expérience de ce qui a lieu est dévaluée par des écritures extérieures (journalistiques, juridiques) Il s’agit de réevaluer les écritures de ces expériences, par de multiples formes de publication.

NLao reuses stratégies d’écritures permettent de recréditer le réel (répétition exemple avec “Considérant…”)

Publication comme une déclaration.

écritures multiples : des actes municipaux, des monuments, des appels à projet de la mairie de paris Dérégler des procédures et des écritures (exemple de Wikipedia)

Camille: la fiction des fantômes

héritage de l’hospitalité, (fantomatiques ?).

inscrire l’hospitalité dans un formulaire unesco : en infiltrant des machines à langages pour les tordres.

le fantôme joue ce rôle

Infilter des espaces d’inscription pour en modifier les effets.

La fiction littéraire permet d’occuper les imaginaires Comment occuper les imaginaires ?

Sébastien : Considérer des modes d’écritures élargies (Camille de Toledo). Les modalités d’écriture sont multiples (inscription dans l’espace public)

architecture comme une écriture du territoire.

Sylvia: quelle friction sur le territoire.

Quand on fait évenement avec un non-evenement, est ce que tout le monde est en mesure de comprendre ce qui se joue ?

Sébastien: ces gestes produisent des déplacements, torsions sur le réel, à force d’écrire et de décrire.

notamment par la modalité de l’enquête

Patrick : L’encampement et l’errance des migrants dans les rues de Paris (ou « Paris, nouvelle ville-frontière ? ») Atlas des Migrants 2017 http://www.migreurop.org/IMG/pdf/migreurop_atlas_2017_encampement_et_errance_paris_fr_.pdf

Sylvia: des expériences inscrites culturellement dans l’obscurité ou l’opacité. Qu’est ce que fait cette mise en public.

quel est le régime de visibilité ?

Camille: comment est ce qu’un acte qui pourrait paraitre comme de la charité peut être requalifié.

Quel comportement (dans son déplacement) cela fait advenir.

Sylvia: publicisation est à relier avec..

des stratégies qui ne fonctionnent que si elles sont opaques.

Sebastien: mais parce que ces gestes ne sont pas inscrits. l’opacité traduit l’incorporation du peu de qualité que ça a.

la nouvel avant guarde, c’est l’attention à ces situations. Il faut les traduire.

Patrick: Le seuil est en nous.

Sebastien se placer aux mêmes endroits que la littérature et la poétique qui gouvernent.

Republier le monde, afin que ce qui a lieu réexiste comme des réalités en puissance. Comment arrive-t-on à restaurer des réalités, alors que nos coutumes les ont opacifiés, réduit de qualité.

Formulaire de l’Unesco. Écrire dans la langue. Comment réoccuper les formes, comme on réoccupe le territoire ?

Camille : Une problématique nous réuni. Comment chacun peut contribuer à ce répertoire d’actions possibles ? À la lumière des retours sur ces modes d’incription, il s’agira ensite de déployer ces pratiques pour les habiter autrement.

Prposition d’action : Protocole d’action pirate dans wikipedia Comment cet énoncé réside dans le champ de wikipedia. De multiples surfaces d’exposition impliquent des protocoles d’action, des formes et des formats d’écriture. Comment se saisir des espaces d’inscription et les effets qu’il génèrent.

Discussions (2):

Sébastien : Parmi les non-humain, qui auraient intérêt à ce que ta fiction se réalise ? Quels sont les fantômes qui exigeraient qu’une telle relation aient lieu ? Pourquoi une telle relation ?

Le fantôme, c’est faire exister dans le présent des traces d’avenir?

Ma problématique : Comment donner des arguments pour dire que nos enfants ne sont pas arrivées trop tard. L’existence de ces êtres (mes enfants) exigent autre chose qu’une exposition à un discours du desastre.

Eric : Comment prendre une distance des événements ? Demander aux fantômes comment ils ont vécus les choses. on retrouve le rapport humain/non-humain chez les fantômes. Comment développer un prendre soin des fantômes ? Une empathie.

Sébastien: Le general instin est un être de fiction qui a des effets collectifs. C’est précisément la définition d’une institution

Camille: Distinction Instin / institution : il n’y a pas de raison que je sois venu sur la planete. Pour mes parents, je suis un projet, donc une institution. Il s’agit de réflechir aux critères qui nous permettent de définir ce qu’est une institution.

On a tellement pris congès de 1000 formes d’existances qui peuplent nos mondes, que nous avons oublié les capacités d’agir que l’on a dessus.

Patrick: urgence et nécessité de créer des choses

Sebastien: Exemple : Une commune, 36000 fois institué Pourquoi ne reprenons pas les chemins de ces créations ? Reinstaurer l’institution pour les déborder, interroger les modes d’existences

Il faut reprendre la facture, la nature, et la relation avec tous ces êtres qui peuplent nos existances.

Le PEROU m’apprend à refaire d’autres relations, désinfantilisées.

Les forces d’agissement de ces institutions sont leur puissance poétique. Opposer des poésies à d’autres poésies.

Patrick importance de la dissidence par rapport à des institutions ?

Sebastien Le PEROU est une manière de faire dissidence (par rapport au projet de l’État), un état second. c’est donc une posture.. cad que la dissidence mais ca ne dit rien de la nature de ce que c’est. ca ne dit rien de la nature des êtres que l’on a créé, ou que l’on habite

référence: traité d’écologie sauvage, Alessandro Pignocchi Interroger nos fictions instituantes nous fait reconnaitre autrement Au-delà de la dissidence, qui est une manière très contemporaine de se représenter au monde

Patrick: l’important n’est pas de se positionner en dissidence, peu importe. par contre il y a une dissidence.

Sebastien: Qu’est-ce qui fait tenir un état, une commune. Reconnaître que ce sont des matériaux poétiques et fictionnels.

Il faut le prendre en compte, et alors ca nous permet de travailler autrement, en relation avec tous ces êtres, pour les reconsidérer. Il y a une manière de travailler autrement, au milieu et avec tout ces êtres. Pour travailler avec, il faut reconnaître des modes d’existences.

C’est parce que tu es dans un contexte que tu pratiques une reconnaissance.

GI démarre avec la fiction, démarche littéraire, alors que PEROU démarre avec Les enfants du canal (Don Quichotte).Cette rencontre donne une place à un endroit qui donne une possibilité d’agir.

Le PEROU répond à des écritures assassines qui gouvernent. combattre un texte avec d’autres textes.

La nature de l’être VS la politique de l’être. La dissidence n’est pas dans la nature de l’être mais dans la politique de l’être.

La dissidence est-elle une posture infantine ou serieuse ?


Sylvia: L’inscription pose aussi la question du design obsolescence du mot ?

Conclusion : Est-ce que cette diplomatie vécue à Publishing Sphere n’est pas déjà une forme d’action ?

Énoncé des protocoles d’action:

Relevé pour continuer ces inscriptions. Quels territoires déjà occupés ? Quels territoires encore à investir ?

  • Investir Wikipedia pour réintégrer notre conversation dans diverses notices wikipedia
    • faire bouger les lignes sur wikipedia
  • Travailler un formulaire ICH-01 Immaterial Cultural Heritage pour adresser l’hospitalité dans la crise migratoire
    • documentation en 10 images de l’hospitalité
    • plan de sauvegarde
    • ateliers d’écritures sur chaque territoire traversé
    • quel détour on opère pour traduire autrement nos capacités (?)
    • écrire des actes d’hospitalité dans un formulaire pour l’unesco est une forme de traduction
  • Augmenter la signalétique du métro parisien
  • Transposition de la parole orale à l’écrite, inclusion de toutes les formes d’expression écrites.
    • juxtaposer des témoignages
  • mettre les migrants en capacité d’écrire, recréer les conditions d’écriture
  • défaire les identités auxquelles on est assigné, défaire les assignations, les résidences à identité : composer d’autres formes d’exitences collectives et de narration (exemple : ce sont les bidonvilles qui font les Roms)
  • écrire le territoire avec des architectures
  • intervenir dans les commentaires de lecteurs de journaux sur des sujets dont on a traité : reprendre des éléments de notre conversation, et les disséminer dans les espaces de discussion
  • glissement de supports et de formes

  • déployer une diversité de technique d’intrusion
  • se saisir du répertoire de l’autre pour rentrer dans son dispositif.

Tweeting / wikipeding

Création d’un compte twitter

Comptes à adresser par thématique :

Groupe : - https://twitter.com/nicolasauret - https://twitter.com/s_fredriksson

humain/non-humain : - https://twitter.com/aamonnz - https://twitter.com/Calimaq - https://twitter.com/picharbonnier

hospitalité fantôme non-humain institution

phrases à retravailler avant de tweeter

Comment amorcer une propagande autour de ces actes d’hospitalité? Dans notre souci concernant la manière dont les exilés sont accueillis ou pas, nous nous sommes tournés vers les actes d’hospitalité et la manière dont ils sont disqualifiés de toute part.

Il faudrait réussir à voir comment ces différentes écritures font “lois”, car le “faire loi” n’est pas que dans le texte juridique.

Nos expériences de terrain nous ont fait percevoir ce que l’hospitalité construit: beauté, grandeur… Nos actions consistent donc à “imaginer ce qui est”, comme le dit Marielle Macé

Reconnaitre que le #bidonville est une écriture qui légifère en silence par ce qu’elle crée sur le #territoire et manière dont elle est stigmatisée.

Tenter de considérer que cette oeuvre littéraire dans laquelle nous sommes engagés, permet de faire exister ces actes, de raconter à l’unesco que quelque chose a lieu… (à retravailler, avec l’idée qu’il y a des écritures sur le terrain, que ces écritures sont aussi littéraires, et qu’elles “font exister” des actes)

Cette procédure d’écriture nous fait nous engager pour que d’autres réalités adviennent. C’est un projet, une fiction ontologique: ce qui fait «être».

Ces écritures ont vocation à faire exister dans le présent du futur désirable

Rendre public, making things public, ce n’est pas communiquer, c’est performer, c’est-à-dire faire exister.

La #diplomatie implique une certaine forme d’empathie. Il ne doit pas avoir comme but de tirer un avantage personnel direct. Il s’agit d’entrer en relation, en résonnance, ce qui peut impliquer d’être affecté et d’affecter, une affection et un attachement.

L’inquiétude vient souvent de l’inconnu, de la méconnaissance que nous avons de cet inconnu et de nous-mêmes, et donc des conséquences de ces interactions.

Les choix qui paraissent localement insignifiants peuvent être globalement conséquents. Les choix qui paraissent globalement conséquents peuvent être localement insignifiants

la notion de prendre soin (du care). C’est là qu’intervient la diplomatie fantomatique : pour mettre en place et appliquer un protocole en fonction des situations.

Comment se saisir de l’acte d’écriture pour faire valoir des rapports au monde. Comment ces processus d’écriture interpellent et informent un « design des instances », au sens de création institutionnelle

Comment se saisir des “communs en train de s’écrire” en tant qu’espace politique radical façonnant des rapports au monde qui s’inscrivent dans nos urgences écologiques et sociales

L’acte de traduction est déjà une forme d’hybridation, qui n’est pas une équivalence mais une réécriture qui interprête.

l’enjeu est de faire exister (par l’ecriture, l’inscription), des gestes et des ritualités (l’hospitalité) : trouver des formes d’accouchement du présent pour que l’avenir ait lieu

Infilter des espaces d’inscription pour en modifier les effets.

l’architecture est une écriture du territoire.

ces gestes (d’écriture, de publication) produisent des déplacements, des torsions sur le réel, à force d’écrire et de décrire.

Republier le monde, afin que ce qui a lieu réexiste comme des réalités en puissance. Comment arrive-t-on à restaurer des réalités, alors que nos coutumes les ont opacifiées, déqualifiées.

Comment donner des arguments pour dire que nos enfants ne sont pas arrivées trop tard. Ils exigent autre chose qu’une exposition à un discours du désastre.

[Les] être[s] de fiction [ont] des effets collectifs. C’est précisément la définition d’une institution.

Reconnaître que l’Etat, une commune, une institution en général, sont des matériaux poétiques et fictionnels. Ces écritures sont parfois assassines.


  1. http://nicolassauret.net/behindinstin/2017/04/11/questions-de-recherche.html

  2. Ecrire les communs - http://www.sens-public.org/article1383.html

  3. Ecrire les communs -

  4. Lionel Maurel. 2015. « Law for the Commons : réinventer un droit pour les Communs ». - S.I.Lex -. https://scinfolex.com/2015/09/28/law-for-the-commons-reinventer-un-droit-pour-les-communs/.

  5. Ecrire les communs - http://www.sens-public.org/article1383.html